Le Parlement européen s’est prononcé, mercredi 18 avril à Strasbourg, en faveur d’un soutien de l’UE au futur Pacte mondial des Nations Unies pour des migrations sûres, ordonnées et régulières, négocié à l’ONU, pacte qui doit être adopté à Marrakech lors d’une conférence mondiale en décembre.
La résolution sur l’état d’avancement de ces négociations, adoptée à une large majorité (516 voix pour, 37 contre, 47 abstentions) soutient les travaux de l’ONU et reprend les objectifs de ce futur pacte non contraignant qui visera à traiter de tous les aspects des migrations en garantissant le respect des droits humains, en favorisant la migration légale et en luttant contre les migrations irrégulières, les passeurs et les trafiquants d’êtres humains (EUROPE 11986).
Le Parlement souligne que la migration est un phénomène mondial qui requiert des solutions mondiales et que ce futur pacte ainsi que celui sur les réfugiés, en cours de négociation, offriront un cadre de coopération internationale pour une gestion des flux migratoires qui respecte la dignité humaine.
Le groupe S&D s’est félicité du signal de soutien du PE adressé à l’ONU, tout en déplorant que la Hongrie tente de bloquer l’adoption d’une position unitaire au Conseil de l'UE.
« Il faut nous sortir de la tête l’idée que l’accroissement des migrations est un phénomène temporaire ou simplement une question européenne. Les changements démographiques, la pauvreté, le changement climatique, l’instabilité mondiale entraîneront des flux migratoires plus importants », a déclaré la Slovène Tanja Fajon, vice-présidente du groupe. Et d'ajouter : « Nous devons montrer aux citoyens que nous pouvons gérer la migration de manière durable en continuant à remplir nos obligations morales et légales pour aider ceux qui fuient la guerre et la persécution. »
Le groupe PPE a regretté que le texte soit rédigé en termes trop généraux. Des députés hongrois et d'autres du groupe CRE ont, quant à eux, invoqué « l’inquiétude croissante d’une majorité de la population dans les pays du groupe de Visegrád, qui ne veulent pas d’immigration », ou celle ressentie ailleurs en Europe face aux flux croissants de migrants 'économiques'.
Le projet de pacte en négociation est fondé sur la solidarité, le partage des responsabilités, le multilatéralisme et l’engagement qui sont à la base de l’approche européenne, selon le commissaire européen à la Migration, Dimitris Avramopoulos.
« Ce pacte doit permettre de renforcer la solidarité entre l’UE et les pays tiers pour une gestion responsable des flux migratoires. Il permettra d’avoir une compréhension commune des défis migratoires auxquels est confronté chaque pays dans le monde et fournira une boîte à outils commune pour y répondre. Les deux pactes mondiaux, pris ensemble, offriront des cadres de coopération internationale qui vont guider nos travaux pour les décennies à venir », avait-il déclaré lors du débat qui a précédé le vote.
Convaincu qu’il est dans l’intérêt de l’Europe d’y souscrire, il avait estimé qu’avec le retrait des États-Unis des négociations, l’an dernier, « nous avons besoin d’une Europe forte et unie, parlant d’une seule voix ». D’où son regret que « l’un des États membres ait adopté une position divergente de celle des 27 autres ». (Aminata Niang)