Les chefs d’État ou de gouvernement des dix-neuf pays de l’Eurozone débattront, vendredi 23 mars lors d'un sommet de la zone euro non inclusif, de la possible création d’une capacité budgétaire spécifique à la zone euro.
Cette discussion, demandée par le président français, Emmanuel Macron, fin 2017, sera illustrée par les propositions spécifiques que la Commission européenne a présentées en décembre dans le cadre de son paquet de propositions relatives à l’approfondissement de l’Union économique et monétaire (UEM) (EUROPE 11920).
Si plusieurs pays, dont la France et l’Allemagne, accueillent avec bienveillance cette proposition, des divergences existent quant aux tenants et aboutissants d’une telle capacité budgétaire. Certains États aimeraient ainsi que celle-ci fasse partie du budget de l’Union européenne, quand d’autres plaident pour qu’elle soit en dehors de celui-ci. Des oppositions existent, en outre, entre les partisans de la mise à disposition d’un tel instrument pour promouvoir les réformes structurelles et ceux pour qui une capacité budgétaire spécifique doit servir à soutenir les investissements.
Souhaitant que les 28 États membres aient aussi l’opportunité d’échanger sur les problématiques économiques, le président du Conseil européen, Donald Tusk, a convié Mário Centeno, le président de l’Eurogroupe, à présenter jeudi soir les travaux relatifs au parachèvement de l’union bancaire en zone euro.
Des divergences significatives peuvent également être observées sur ce sujet, les pays du Nord et du Sud étant en désaccord sur le rythme des travaux visant à réduire et à partager les risques bancaires, à travers notamment la création d’un système européen de garantie des dépôts bancaires (EDIS) (EUROPE 11979, 11980).
Sera également abordée jeudi, à vingt-huit, la question de la transformation du Mécanisme européen de stabilité (MES) en Fonds monétaire européen (FME) et la création d'un filet de sécurité (‘common backstop’) via le MES pour le Fonds de résolution unique.
Aucune décision majeure ne sera cependant prise à l’occasion de ce Conseil européen et de ce sommet de la zone euro. Dans l’attente d’une feuille de route franco-allemande sur l’approfondissement de la zone euro (EUROPE 11983), tous les regards sont braqués sur le sommet européen de juin.
BCE. Enfin, les Vingt-huit nommeront formellement l'ancien ministre espagnol des Finances, Luis de Guindos, vice-président de la BCE (EUROPE 11970). (Lucas Tripoteau)