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Bulletin Quotidien Europe N° 11986
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ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / Finances

Pour des propositions concrètes sur les monnaies virtuelles au G20, il faudra attendre juillet

Alors que de plus en plus de voix s'élèvent pour demander une action conjointe au niveau international sur les monnaies virtuelles, aucune proposition concrète n’est ressortie à l’issue des deux jours de réunion des ministres des Finances et banquiers centraux des 20 principales économies mondiales (G20), lundi 19 et mardi 20 mars à Buenos Aires. 

« Nous avons reçu un mandat fort pour élaborer des recommandations spécifiques » lors de la prochaine réunion de juillet, a déclaré Federico Sturzenegger, le président de la Banque centrale d’Argentine - qui tient actuellement la Présidence du G20 -  en conférence de presse, mardi. 

Le communiqué final se limite en effet à promettre de nouvelles études et mandate son gendarme financier, le Conseil de stabilité financière (FSB), pour qu'il continue de surveiller la situation et qu'il évalue les besoins d’une réponse multilatérale. 

Les ministres reconnaissent les atouts de l’innovation technologique qui sous-tend les monnaies virtuelles, mais soulignent surtout les risques générés, notamment en matière de blanchiment d'argent et de financement du terrorisme. Le communiqué stipule en outre que les « crypto-actifs n'ont pas les attributs clés des monnaies souveraines ». 

Reuters prédisait lundi que le G20 ne parviendrait à aucune décision concrète en l’absence d’accord sur une stratégie commune et compte tenu de « l’opposition de principe des États-Unis à toute nouvelle règlementation financière ». 

Durant les discussions, deux positions se sont dégagées, a expliqué M. Sturzenegger. L'une en faveur d'une régulation et d’un travail sur la cybersécurité, l'autre suggérant que, face à ces appels, c'est surtout le système de paiement traditionnel international qui devrait être amélioré. Pour lui, ces deux approches ne sont pas exclusives et peuvent se compléter. Il a en tout cas fait état d'un consensus sur la nécessité de poursuivre les discussions à ce sujet. 

Sur son compte Twitter, le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, s’est félicité que le sujet des crypto-actifs ait été pour la première fois abordé au sein du G20, sur demande conjointe de la France et de l’Allemagne, a-t-il rappelé. 

« Je suis heureux de voir que cette proposition franco-allemande a rencontré le soutien de tous les États membres du G20. Nous allons travailler sur la régulation des crypto-actifs, nous allons définir cette régulation ensemble dans le cadre du G20 », a-t-il déclaré dans une vidéo. 

Le ton était en réalité déjà donné dimanche dans un courrier du FSB adressé aux participants du G20 qui concluait que les monnaies virtuelles « ne font pas peser de risque sur la stabilité financière mondiale pour l'instant »

Néanmoins, la lettre indiquait : « le marché continue d'évoluer rapidement et cette évaluation initiale pourrait changer si les crypto-actifs venaient à être plus largement utilisés ou interconnectés avec le cœur du système financier ». 

Une réunion sur fond de tensions commerciales et fiscales

Ces discussions ont eu lieu dans une atmosphère marquée par l’entrée en vigueur, dans à peine deux jours, des taxes américaines sur les importations d’acier et d’aluminium aux États-Unis (EUROPE 11985). 

Plusieurs médias sur place ont d'ailleurs fait état d’un bras de fer entre les États-Unis et la Chine durant la négociation du texte final du communiqué. Pour M. Sturzenegger, les discussions se sont, au contraire, tenues dans « un esprit constructif et coopératif ». 

« Nous n’avons pas parlé d’une guerre commerciale internationale », ni des taxes douanières, mais d’un contexte plus large, a assuré le ministre argentin de l’Économie, Nicolás Dujovne. 

Le communiqué final fait néanmoins état de « vulnérabilités qui pourraient être le fruit d'un resserrement plus rapide que prévu des conditions financières et de tensions économiques et géopolitiques » et reconnait « le besoin de davantage de dialogues et d'actions »

À noter que le communiqué fait également référence à la déclaration de Hambourg, dans laquelle le G20 s'engageait à continuer à lutter contre le protectionnisme tout en reconnaissant « la légitimité des instruments de défense commerciaux » (EUROPE 11826). 

Autre sujet polémique abordé : la taxation de l’économie numérique. Dans leur communiqué, les participants du G20 se sont engagés à « travailler ensemble pour chercher une solution consensuelle d'ici 2020 ». Il s’agit d’une question particulièrement d’actualité puisque la Commission européenne a présenté, ce mercredi, sa proposition législative sur la taxation des géants de l’Internet (voir autre nouvelle) – interprétée comme une taxe antiaméricaine de l’autre côté de l’Atlantique (EUROPE 11984). 

Se félicitant qu’un consensus ait pu être trouvé sur la nécessité d’avancer sur cette question, M. Dujovne a néanmoins reconnu que cela pourrait constituer « un terrain de controverses ». (Marion Fontana)

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