Le commissaire européen à la Politique de voisinage, Johannes Hahn, a annoncé, mardi 20 mars, une contribution supplémentaire de 7,1 millions d’euros à la construction d’une usine de dessalement de l’eau à Gaza, le plus grand projet d'infrastructure jamais lancé dans la bande.
« L’UE a ajouté 7,1 millions d’euros, pour les coûts de gestion, à sa promesse initiale de 70 millions d’euros », a-t-il expliqué à l’issue d’une conférence des donateurs co-présidée par l’UE et l’Autorité palestinienne, à Bruxelles. Au total, la communauté internationale a promis 456 millions d’euros (dont 360 déjà promis auparavant) par 42 pays, dont 20 États membres et Israël, et 8 institutions. D'autre part, selon M. Hahn, des annonces supplémentaires pourraient être faites dans les prochaines semaines. Puisque les promesses représentent 80 % des 562,3 millions d’euros du projet, elles sont suffisantes pour que la Banque européenne d'investissement lance la procédure d'appel d'offres le 15 avril prochain.
L’usine, dont le projet de construction date de 2012, permettra de fournir au minimum 55 et au maximum 110 millions de m3 d'eau potable par an aux deux millions d’habitants de la bande de Gaza. Les Gazaouis dépendent presque exclusivement de la nappe aquifère côtière comme source d'eau potable d'une capacité de 55 à 60 millions de m3 par an alors que la demande est de 180 millions. Seulement 3 % de l'eau pompée répond aux normes de qualité de l'eau potable fixées par l'Organisation mondiale de la santé.
De son côté, la Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, a souligné que ce projet pourrait être « un progrès important avec un impact positif à court terme, non seulement sur l'économie de Gaza, mais surtout sur la vie quotidienne des Palestiniens ». Elle a cependant estimé, lors d’un point presse en amont de la réunion du groupe des donateurs internationaux pour la Palestine, le comité de liaison ad hoc, organisée en parallèle de la conférence des donateurs, que « les perspectives économiques resteraient probablement sombres sans un progrès évident vers la réunification de la Cisjordanie et de Gaza ». « Nous attendons de toutes les factions palestiniennes qu'elles isolent les fauteurs de troubles et continuent sur la voie de la réconciliation avec courage et détermination », a-t-elle ajouté. (Camille-Cerise Gessant)