Le ministre des Affaires étrangères kosovar, Behgjet Pacolli, a proposé, mardi 20 mars, une zone franche entre son pays et la Serbie afin d’apaiser la situation.
« Les Serbes n’accepteront jamais l’indépendance du Kosovo, mais si on peut leur offrir quelque chose, ils vont probablement y réfléchir. Ce que l’on doit faire, c’est trouver une solution économique. J’ai toujours pensé créer une zone franche entre Serbie et Kosovo », a-t-il expliqué lors d’une audition en commission des affaires étrangères du Parlement européen. « Sans toucher à la souveraineté des deux pays, on peut créer quelque chose qui peut fonctionner », a souligné M. Pacolli, précisant que le sujet avait déjà été discuté avec la Serbie. Selon le ministre, le dialogue avec Belgrade, « qui entre dans sa dernière phase », doit s’achever cette année. « La Serbie doit reconnaître le fait de l’existence du Kosovo et réciproquement, car c'est un partenaire important pour nous », a-t-il ajouté. Une réunion des présidents est prévue en fin de semaine à Bruxelles (EUROPE 11984).
M. Pacolli a aussi plaidé pour une libéralisation rapide des visas. Selon lui, la « crédibilité » de l’UE dans le pays est liée à cette question, « la plus urgente à l’agenda européen ». « Il faut surmonter urgemment la situation actuelle », a-t-il exhorté. M. Pacolli a espéré que l’accord sur la démarcation avec le Monténégro - une des conditions pour la libéralisation - allait enfin être ratifié par le Parlement kosovar. Sur l’autre condition -le renforcement de la lutte contre le crime organisé et la corruption - « nous avons fait un travail convaincant », a-t-il ajouté. « Si vous voulez faire une chose cette année pour nous aider, c’est de transformer (l’objectif de la libéralisation des visas) en réalité », a-t-il lancé aux députés. Selon le ministre, une fois cette libéralisation obtenue, il n’y aura plus de demandes d’asile de Kosovars (actuellement 7000 par an). « Il n’y a aucune raison de quitter le Kosovo, le seul problème est un problème économique », a-t-il estimé.
Il a rappelé que « l’avenir de la République du Kosovo se trouvait dans l’UE », « qu’une décennie après l’indépendance du pays, l’intégration euro-atlantique était l’objectif le plus important de (sa) société ». Il a ajouté que son pays souhaitait le statut de candidat à l’adhésion à l’UE « le plus vite possible ». (Camille-Cerise Gessant)