Trop de freins empêchent encore le bon développement du secteur européen de l’aquaculture, estime l’eurodéputé Carlos Iturgaiz (PPE, espagnol), qui présentait, mardi 27 février devant la commission de la pêche du Parlement européen, son projet de rapport.
Selon lui, l’enjeu fondamental est de créer des conditions de concurrence uniformes au sein de l’Union et avec les concurrents issus de pays tiers. Pour cela, il recommande des formalités administratives réduites, une transparence accrue et une planification efficace. Le parlementaire propose que des procédures de licences claires et transparentes assorties de délais limités pour l’accord, afin de ne pas décourager les investisseurs, soient mises en place. De même, il appelle la Commission européenne à établir des lignes directrices pour les plans stratégiques nationaux afin de favoriser une application uniforme de la législation communautaire (essentiellement dans le domaine de l’environnement et de la santé des animaux aquatiques). Enfin, l’UE devrait se montrer plus stricte avec les importations des produits aquacoles et mettre en œuvre de meilleurs contrôles aux frontières.
Par ailleurs, d’autres mesures permettraient le développement du secteur, souligne Carlos Iturgaiz : une meilleure communication au consommateur avec un étiquetage approprié, et un « marché commun » des vaccins et autres produits vétérinaires.
Ces propositions ont été globalement bien accueillies par les eurodéputés, même si certains ont estimé qu’il serait bon de mettre en place une forme de « verdissement » de l’aquaculture (limitation de l’usage d’antibiotiques et des impacts sur l’environnement).
Norbert Erdős (PPE, hongrois) a, lui, demandé que le rapport prévoie des dispositions spécifiques pour l’aquaculture en eau douce.
L’aquaculture représente 20 % environ de la production européenne de poisson (l’UE importe 60 % de ses besoins en produits de la mer) et emploie directement quelque 85 000 personnes.
La Commission européenne a publié en 2009 une stratégie pour le développement durable de l’aquaculture et des orientations stratégiques en 2013 (EUROPE 10837).
La Commission européenne présentera, d’ici la fin de l’année 2018, une évaluation de la situation des conditions d’octroi des licences et de l’attribution d’espaces pour l’aquaculture.
Le vote de ce rapport en commission est prévu pour le 23 avril, puis il devrait être adopté en plénière au mois de mai.