Les États-Unis se sont de nouveau opposés, lors d'une réunion de l'organe de règlement des différends de l'OMC, mercredi 28 février, à la proposition soutenue par 63 pays membres de l'OMC, dont les 28 États membres de l'UE, de lancer le processus de renouvellement des postes vacants au sein de l'organe d'appel, désormais au nombre de trois juges sur sept, a-t-on appris de source proche du dossier à Genève.
L'ambassadeur du Japon auprès de l'OMC, Junichi Ihara, poursuit ses consultations pour tenter de débloquer la situation et cette question sera de nouveau examinée lors de la prochaine réunion de l'organe de règlement des différends, le 27 mars, nous a-t-on confié.
Le blocage sur ce dossier met en péril le système de règlement des différends de l'OMC, étant donné que son organe d'appel se rapproche du nombre minimum de juges dont il a besoin pour fonctionner (trois) puisqu'un quatrième poste de juge sera vacant d'ici fin 2018 (EUROPE 11885).
Devant les ministres du Commerce de l'UE réunis à Sofia, lundi 26 février, le directeur général de l'OMC, Roberto Azevêdo, a estimé que la situation de l'organe d'appel demeurait « très préoccupante » et que « pour le moment, il ne semblait pas y avoir de solution », nous a confié une source à l'OMC.
M. Azevêdo a dit « redouter que, faute de solution à ce problème, les pays l'OMC reviennent à des réponses commerciales unilatérales qui peuvent rapidement dégénérer en guerres commerciales ».
Le patron de l'OMC a aussi dit « comprendre la frustration de l'UE » sur cette question et que « le sérieux engagement de l'UE sur cette question est essentiel pour trouver une solution ».
Devant les ministres européens, mardi 27 février à Sofia, la commissaire au Commerce, Cecilia Malmström, a estimé que, parmi les problèmes actuels du système commercial multilatéral, « la question la plus urgente » était celle de l'organe d'appel, assurant que l'UE allait « pousser pour sortir de l'impasse et garantir le fonctionnement » de l'organe de règlement des différends de l'OMC. (Emmanuel Hagry)