L'Italie est d'avis que la politique agricole commune (PAC) et la politique de cohésion ne doivent pas obligatoirement faire les frais de la sortie du Royaume-Uni de l'UE ni des dotations à allouer aux priorités politiques qui seront arrêtées dans le cadre financier pluriannuel (CFP) post-2020.
« Il ne faut pas nécessairement procéder à un échange » entre les fonds alloués à l'agriculture et la cohésion et ceux à allouer aux « biens publics européens » tels que la gestion des flux migratoires, la sécurité et l'innovation, a déclaré le ministre italien des Finances, Pier Carlo Padoan, mardi après son entrevue avec le commissaire au Budget, Günther Oettinger. Au lieu de procéder à des coupes nettes, « il est possible d'obtenir les mêmes résultats en procédant à une évaluation des résultats, et pas seulement des déboursements » de la PAC et de la politique de cohésion, a-t-il ajouté.
M. Oettinger a pourtant réitéré qu'une coupe de 5 à 10 % des crédits alloués à l'agriculture et à la cohésion était inéluctable. Interrogé sur la possibilité de conditionner des financements européens au respect de valeurs européennes comme l'État de droit, il a indiqué que le service juridique de la Commission avait été sollicité pour analyser si de telles conditions sont applicables, notamment à la lumière des règles découlant de constitutions nationales. La proposition de la Commission sur le CFP post-2020 a été anticipée au mercredi 2 mai (EUROPE 11961).
Effectuant sa première visite à l'étranger à Bruxelles, le Premier ministre roumain, Mme Viorica Dăncilă, a insisté sur l'importance de « ne pas mettre en péril » la PAC ni la politique de cohésion, après une rencontre avec le président du Parlement européen, Antonio Tajani. Au premier semestre 2019, la Présidence roumaine du Conseil de l'UE s'efforcera de faire aboutir le budget de l'UE post-2020.
M. Tajani a insisté sur l'importance d'augmenter le budget de l'UE via la taxation des géants de l'Internet ('web tax'). La commission des budgets du PE arrêtera mercredi sa position sur le CFP post-2020 (EUROPE 11946, 11944).
En marge du Conseil Ecofin, le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, a prôné une suppression, à la faveur du Brexit, des « rabais injustifiables » octroyés à certains pays. Selon lui, les contributions nationales devront aussi être calculées sur la base de « l'inflation constatée » et non pas les prévisions d'inflation de la BCE. (Mathieu Bion)