Les ministres de l’Agriculture de l’UE, réunis lundi 19 février à Bruxelles, ont demandé que des efforts soient faits pour une meilleure répartition de la valeur ajoutée provenant de la bioéconomie vers les agriculteurs, lors d’un échange de vues sur le rôle de l’agriculture dans le cadre du réexamen de la stratégie de l’UE pour la bioéconomie.
Les ministres des Vingt-huit étaient invités à indiquer comment, selon eux, optimiser les avantages et les débouchés de la bioéconomie pour les producteurs primaires et quelles mesures peuvent être prises au niveau national pour mieux intégrer les agriculteurs et les forestiers dans les chaînes de valeur bioéconomique. La Commission européenne prévoit de présenter au troisième trimestre 2018 des propositions pour une nouvelle révision de cette stratégie, lancée en 2012. Cette révision est menée par le commissaire Carlos Moedas (Recherche), en coopération avec Phil Hogan (Agriculture) et avec la participation d’une dizaine de directions générales en raison de sa nature multisectorielle.
Au cours du débat, le ministre hongrois a dénoncé le clivage est-ouest qui existe au sein de l’UE, les pays de l’Est ne servant, selon lui, que de fournisseurs de matières premières pour les grandes entreprises basées à l’Ouest. La Pologne la Croatie ou encore la Slovaquie ont confirmé ce point de vue et demandé des aides spécifiques pour la région.
De nombreux États membres (Portugal, Espagne, Slovaquie, France) ont souligné l’importance des instruments financiers, de la diffusion des informations (notamment vers les agriculteurs) et de l’échange de bonnes pratiques.
La Roumanie a proposé de créer un registre européen des actions entreprises pour promouvoir la bioéconomie afin que tous les acteurs, en particulier le secteur agricole, puissent être tenus au courant des initiatives existantes. L’Italie a, elle, mis en avant la nécessité d’une harmonisation des standards pour les bioproduits.
La bioéconomie de l’UE emploie environ 22 millions de personnes, avec un chiffre d’affaires annuel de plus de 2 000 milliards d’euros.