L'association des armateurs européens (ECSA) a dénoncé, mardi 20 février, un nouveau décret ministériel adopté fin 2017 par l'Indonésie imposant que les importations de riz et de marchandises destinées aux marchés publics ainsi que les exportations de charbon et d'huile de palme brute ne puissent être transportées que par les compagnies nationales de transport maritime.
Aux termes de ce décret, qui doit entrer en vigueur six mois après sa promulgation le 31 octobre 2017, les importateurs et exportateurs des produits concernés ne pourront s'adresser à des entreprises étrangères de transport maritime « que lorsque la disponibilité des compagnies nationales de transport maritime [sera] limitée ou inexistante ». En outre, ils devront contracter une assurance auprès des compagnies indonésiennes d'assurance.
Pour l'ECSA, ces règles sont incompatibles avec les principes de libre-échange et le droit coutumier concernant les services de transport maritime international, vont à l'encontre des engagements pris par l'Indonésie à l'OMC et conduisent à une concurrence déloyale et des distorsions du marché.
Les armateurs européens demandent à la Commission européenne de soulever cette question dans le cadre des pourparlers en cours pour un accord de libre-échange UE/Indonésie, un 4e cycle de négociations au plan technique se tenant cette semaine à Surakarta (EUROPE d'hier). (Emmanuel Hagry)