Les ministres des Finances de la zone euro ont reconnu, lundi 19 février, les récents progrès des autorités helléniques concernant la mise en œuvre des ‘actions préalables’ (‘prior actions’) dans le cadre de la 3e mission de suivi du 3e plan de sauvetage grec. Mais le déboursement d'une première sous-tranche d'aide promise de 5,7 milliards d'euros reste lié à la concrétisation de toutes les mesures préalablement agréées.
L'Eurogroupe reconnaît les « efforts énormes accomplis par le gouvernement grec », a déclaré son président, Mário Centeno. « Seules deux actions préalables doivent être finalisées et sont hors du contrôle du gouvernement grec. J'ai confiance dans la capacité des institutions à y parvenir rapidement », a-t-il ajouté.
La privatisation de l’aéroport d’Hellenikon et les mesures concernant les enchères électroniques ('e-auctions') de biens saisis sont les deux derniers points à régler.
Le contour de la prochaine tranche d'aide avait déjà fait l'objet d'un accord politique lors de la réunion précédente de l’Eurogroupe, lundi 22 janvier (EUROPE 11944). Celui-ci s’était en effet entendu sur une enveloppe de 6,7 milliards d’euros payable en deux fois aux autorités helléniques.
Une première sous-tranche de 5,7 milliards d’euros permettra de couvrir le service de la dette, de payer des arriérés et de constituer un coussin de liquidités en vue du retour d'Athènes sur les marchés. Elle était néanmoins conditionnée à la mise en œuvre de plusieurs actions socioéconomiques dites prioritaires.
Le commissaire aux Affaires économiques et financières, Pierre Moscovici, a annoncé que des experts des créanciers institutionnels se rendraient à Athènes, dès lundi 26 février, pour donner le coup à la 4e et dernière mission du suivi du plan d'aide. À son arrivée à l’Eurogroupe, il avait salué l’action du gouvernement grec, évoquant des « progrès très substantiels », depuis la dernière réunion des ministres des Finances de la zone euro. « 99 % des actions prioritaires ont été adoptées », avait-il noté.
Bruno Le Maire, le ministre français des Finances, s’était montré le plus optimiste à son arrivée, déclarant qu’une décision sur le versement d'une première sous-tranche était attendue ce lundi.
Les différentes parties ont souhaité réaffirmer leur satisfaction quant à la sortie de la Grèce du 3e plan de sauvetage, qui aura lieu en août prochain. M. Moscovici a insisté à ce titre sur la nécessité de trouver un accord sur des mesures visant à « alléger le fardeau de la dette grecque ». Des travaux au niveau technique sont en cours concernant la proposition française d’indexer le niveau de remboursement de la dette grecque sur la croissance économique du pays (‘growth-adjustment mechanism’). (Lucas Tripoteau)