La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé, lundi 19 février, avoir demandé le gel des paiements effectués par la troisième plus grande banque de Lettonie, la banque ABLV, supervisée par la BCE depuis novembre 2014.
La décision a été prise par la BCE dimanche et, le même jour, l'autorité lettone compétente, la Commission des marchés financiers et des capitaux (FCMC), a imposé à la banque une interdiction « temporaire et jusqu'à nouvel ordre » de tous paiements effectués sur ses passifs financiers.
Cette décision fait suite à une « forte détérioration de la situation financière de la banque » ces derniers jours, explique la BCE dans un communiqué, faisant notamment référence aux récentes accusations de blanchiment d’argent et d’implication dans des programmes illégaux de développement d’armes en Corée du Nord.
Le 13 février dernier, le réseau de lutte contre le crime financier du Département du Trésor américain avait en effet reconnu la banque lettone comme un établissement de première importance en matière de blanchiment d'argent, selon la législation américaine.
« Un moratoire a été jugé nécessaire étant donné que la banque travaille avec la Banque centrale et les autorités lettones pour remédier à la situation actuelle », a estimé l’Institut monétaire.
Le gouverneur de la banque centrale de Lettonie arrêté pour corruption
Le même jour, le gouverneur de la banque centrale de Lettonie, Ilmārs Rimšēvičs, a été interpellé par les services de l'agence anti-corruption lettone et placé en garde à vue. Il serait soupçonné d'avoir reçu un pot-de-vin de 100 000 euros, selon les médias locaux.
Le Premier ministre letton, Māris Kučinskis, a assuré que cela ne mettait pas en danger le système financier letton, selon Reuters. Lundi 19 février, à l'issue d'une réunion d'urgence de son cabinet, il a déclaré que le gouverneur de la banque centrale aura interdiction d'exercer ses fonctions après sa libération.
À leur arrivée à la réunion de l'Eurogroupe, lundi après-midi, les ministres européens ont décliné tout commentaire. Le commissaire européen aux Affaires économiques et financières, Pierre Moscovici, n'a pas non plus souhaité commenter ce cas particulier, mais a néanmoins ajouté que l'UE, en général, « condamne tout ce qui touche au blanchiment d'argent ou à l'évasion fiscale, surtout lorsque les auteurs de ces actes occupent des fonctions importantes ». (Marion Fontana)