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Bulletin Quotidien Europe N° 11863
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POLITIQUES SECTORIELLES / Agriculture

Le CESE plaide pour le maintien des droits de l’UE sur le sucre

Alors que la date à laquelle les quotas de production de betterave sucrière seront abolis, à savoir le 1er octobre 2017, approche à grands pas, le Comité économique et social européen (CESE) a adopté le 14 septembre un avis d'initiative dans lequel il réclame notamment de maintenir des droits de l’UE sur le sucre.

La fin des quotas de production de sucre de betterave fournira à l'industrie sucrière de l'UE la possibilité d'exporter du sucre sans aucune limite. « C'est une grande chance pour les producteurs de sucre d'Europe, mais afin de pleinement profiter de cette libéralisation, ils ont besoin du plein soutien de la Commission européenne », a déclaré l'Espagnol José Manuel Roche Ramo, rapporteur de l'avis du CESE.

Il demande à la Commission d'être plus active dans le soutien de l'industrie sucrière européenne. Et lors de la négociation d'accords de libre-échange (ALE), la Commission doit se concentrer sur l'ouverture des marchés du sucre des importateurs nets de sucre et sur l'élimination des droits sur les exportations de produits de l'UE à forte teneur en sucre, selon le rapporteur. « Dans le même temps, elle devrait défendre des règles d'origine strictes pour les produits de ce type, afin de veiller à ce que les producteurs de sucre de l'UE tirent parti de l'augmentation des exportations », ajoute-t-il.

Fin des quotas. Le CESE propose d'inclure dans la politique agricole commune (PAC) des instruments de marché qui contribuent à la poursuite de la production sucrière dans les États membres de l'UE, explique la Belge Estelle Brentnall, corapporteur.

Le soutien couplé peut s'avérer nécessaire pour réduire le risque d'une baisse ou de l'abandon de la production de sucre de betterave ; le soutien direct aux agriculteurs devrait s'accompagner d'un meilleur accès aux outils de gestion des risques ; l'aide au stockage privé doit être mieux définie et d'autres débouchés devraient être promus concernant la betterave sucrière.

Prudence en ce qui concerne la libéralisation des échanges commerciaux. La disponibilité actuelle du marché de l'UE en ce qui concerne le sucre de canne destiné au raffinage provenant des partenaires de l'Union dans le cadre d'ALE - à savoir l'Amérique centrale, la Colombie, le Pérou, l'Équateur et l'Afrique du Sud - s'élève à 420 000 tonnes. Le sucre brut et le sucre blanc en provenance des pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique ainsi que des pays les moins avancés peuvent être importés en franchise de droits et sans contingent. De plus, la disponibilité annuelle du sucre brut destiné au raffinage en vertu du quota CXL à droit réduit s'élève à plus de 700 000 tonnes et devrait atteindre 800 000 tonnes en 2017-2018.

Selon le CESE, il serait judicieux que l'Union fasse preuve d'une plus grande prudence en ce qui concerne la libéralisation des échanges commerciaux lors des négociations relatives à de nouveaux accords de libre-échange (ALE). « Dans le cadre de ses négociations en matière de libre-échange, la Commission doit considérer le sucre comme un produit sensible et maintenir les droits de l'UE sur le sucre ».

Le CESE invite la Commission à contester l'imposition arbitraire d'instruments de défense commerciale par les pays tiers importateurs et à être plus ferme dans la lutte contre les politiques d'aide mises en place par les grands producteurs de sucre mondiaux, qui faussent les échanges.

Avec une production annuelle d'un montant total d'environ 17,2 millions de tonnes, l'UE est le premier producteur mondial de sucre de betterave. Au cours de la dernière décennie, près de la moitié de ses usines sucrières ont fermé leurs portes. (Lionel Changeur)

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