La directrice générale du FMI, Christine Lagarde, s’est montrée optimiste, malgré quelques réserves, au vu de la situation économique au sein de la zone euro, en présentant les conclusions de l’évaluation annuelle du fonds sur l'Eurozone (rapport 'article IV'), jeudi 15 juin à l'issue de la réunion de l’Eurogroupe.
Mme Lagarde s'est félicité du « renforcement de la reprise qui s’installe partout dans la zone euro », et ce, en raison de la création d’emplois et d’une demande interne plus forte, situation constituant, d’après le rapport, « un cercle vertueux ». Elle a ajouté que ces progrès inviteraient certainement l’institution de Washington à revoir ses prévisions légèrement à la hausse pour 2017 et 2018.
L’évaluation du fonds monétaire se satisfait également d’un environnement politique favorable qui, combinée à la reprise économique ouvre « une opportunité pour approfondir l’intégration » de la zone euro. L’institution plaide ainsi pour un achèvement de l’union bancaire via la création d'un système européen de garantie des dépôts bancaires, pour le développement d’un marché commun des capitaux et pour la création d’une véritable capacité budgétaire commune.
La directrice générale du FMI a, cependant, noté des défis à moyen terme auxquels l'Eurozone est confrontée. Elle a ainsi rappelé que la convergence des revenus entre les Dix-neuf avait stagné au cours des dernières années, alimentant un sentiment de frustration au sein des classes moyennes de certains pays.
Le rapport pointe également un accroissement des différences en termes de compétitivité au sein de la zone euro. Madame Lagarde a donc plaidé pour que les pays en situation de déficit budgétaire profitent de « l’élan de la reprise » pour approfondir les réformes structurelles qu’ils s’étaient engagés à réaliser. Quant aux pays en situation d’excédent budgétaire, elle préconise notamment une stimulation des investissements. (Lucas Tripoteau)