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Bulletin Quotidien Europe N° 11810
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The B-word : la newsletter d’Agence Europe sur le Brexit / The b-word

Négociations sur le Brexit - « Nous commençons »

C’est parti. Le négociateur de l’UE Michel Barnier n’a pas eu besoin d’en dire plus pour annoncer le début des négociations sur le Brexit avec le Royaume-Uni. « Nous commençons », a-t-il écrit sur Twitter.

Le reste, du moins en ce qui concerne l’UE, a déjà été dit.

L’UE a déposé cinq documents officiels sur la table, des lignes directrices de la négociation aux directives, en passant par les documents de synthèse, dans lesquels elle expose ses exigences pour les citoyens, le budget et l’Irlande. Lors d’un sommet organisé jeudi, les dirigeants européens devront approuver une série de critères pour le transfert de l’Agence des médicaments et de l’Autorité bancaire de l’UE établies à Londres.

Les négociations démarreront lundi matin à 11 heures et se poursuivront jusqu’aux alentours de 18 heures. Michel Barnier et son adjointe, Sabine Weyand, représenteront l’UE, alors que David Davis, le ministre britannique en charge du Brexit, et Olly Robbins, le conseiller de Theresa May sur l’UE et secrétaire permanent de M. Davis au département pour la Sortie de l’UE, représenteront le Royaume-Uni.

Les négociations se tiendront au siège de la Commission, au Berlaymont, et les langues utilisées seront l’anglais et le français.

Les responsables du groupe de travail de la Commission sur le Brexit pourraient intervenir dans les débats sur certaines questions précises. Ils se répartiront également en « ateliers » (dont les thèmes restent à confirmer) dans l’après-midi.

Michel Barnier informera les dirigeants de l’UE sur le résultat des négociations lors du sommet de Bruxelles.

Les attentes du Royaume-Uni

Mais, à deux jours seulement du début des négociations, les responsables européens ignorent toujours les attentes du Royaume-Uni. Ils doivent en effet se contenter de déclarations et de documents parfois imprécis et remontant à plusieurs mois.

En janvier, Theresa May avait annoncé vouloir sortir du marché unique. Elle indiquait également son intention de cesser de verser de « sommes conséquentes » à Bruxelles, de contrôler le flux de migrants européens et de ne plus être soumise au contrôle juridictionnel de la Cour de justice de l’UE. Elle était cependant plus évasive quant à la sortie du Royaume-Uni de l’union douanière en indiquant souhaiter un accès aux marchés de l’UE en franchise de droits tout en ayant le pouvoir de négocier ses propres accords commerciaux. Ces positions sont toutefois incompatibles pour les membres de l’union douanière.

Ces exigences ont été réitérées dans un livre blanc publié peu après (EUROPE 11717), et dans sa lettre de mars activant la sortie du Royaume-Uni au titre de l’article 50 du traité de l’UE (EUROPE 11757).

Toutefois, suite aux élections britanniques de la semaine dernière, sa position s’est considérablement affaiblie (EUROPE 11805). Dépourvue de majorité absolue au Parlement, elle cherche le soutien du parti unioniste démocrate d’Irlande du Nord, un parti protestant radical qui s’est prononcé en faveur du Brexit, mais probablement plus mou que Madame May ne l'envisageait.

« J’ignore ce que veut dire un Brexit dur ou un Brexit doux », a déclaré le négociateur de l’UE, Michel Barnier, au Financial Times et à un groupe d'organes de presse européens la semaine passée. « Le Brexit, c’est le retrait de l’UE. Et c’est le Royaume-Uni qui l’a décidé. Nous le mettons en œuvre », a-t-il précisé avant d’ajouter que « toutes les options sont possibles et mises sur la table », « y compris celle d’une absence d’accord ».

Le Royaume-Uni préparerait une proposition « généreuse » sur les droits des citoyens afin de bien débuter les négociations. Mais M. Barnier est resté perplexe quand cette nouvelle lui a été communiquée lors de l’interview. « Je ne sais pas si l’on peut qualifier de généreux le fait de préserver les droits des personnes et de leurs familles qui sont inquiètes à ce sujet ».

« La porte ouverte »

Dans un nouveau rebondissement, des responsables politiques allemands, français et européens ont lancé l’idée que le Royaume-Uni pourrait se rétracter et mettre fin au Brexit. Wolfgang Schäuble, le ministre allemand des Finances, a déclaré à Bloomberg News que si les Britanniques souhaitaient changer d’avis, « ils trouveraient la porte ouverte ». Ses commentaires ont été repris par le président français, Emmanuel Macron, qui a ajouté, après une rencontre avec Madame May à Paris, que « la porte est évidemment toujours ouverte ».

Le négociateur en chef du Brexit pour le Parlement européen, Guy Verhofstadt, a toutefois prévenu que même si la porte restait ouverte, il s’agirait « d’une porte toute neuve, avec une nouvelle Europe, sans complexité, avec un vrai pouvoir ».

L’article 50 ne mentionne pas l’interruption des négociations sur le Brexit, mais précise que les pays qui souhaitent adhérer à nouveau à l’UE « doivent se soumettre à la procédure » définie dans le traité de l’UE - à savoir, l’accord unanime de tous les pays de l’UE, dès que les conditions de l’adhésion sont remplies. (Version originale anglaise par Sarah Collins)

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