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Bulletin Quotidien Europe N° 11810
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / GrÈce

L’allègement de la dette grecque demeure impopulaire en Allemagne

Selon Clemens Fuest et Marcel Fratzscher, respectivement présidents des instituts allemands de recherches économiques ifo et DIW, l'allègement de la dette grecque n’a aucune chance de passer même après les législatives de septembre. Pas plus que l’idée de lier croissance et niveau de remboursement, suggérée par le gouvernement Macron.

« La Grèce n’a pas besoin d’une restructuration de sa dette ». L’affaire est entendue pour Clemens Fuest, président de l’institut de recherches économiques de Munich, l’ifo, réputé proche du patronat et de la CDU. « Il n’y a pas d’élément objectif pour dire qu’elle en a davantage besoin que d’autres pays », a-t-il assuré lors d'un colloque organisé par des instituts de recherche allemands et français. Il a noté que le niveau de la dette grecque était élevé mais que les taux d’intérêt sont plus bas qu’ailleurs.

Pour Marcel Fratzscher, Président du DIW, l’institut allemand d’études économiques de Berlin, et réputé plus proche du SPD, un allègement de la dette n’a « aucune chance » d’être entériné par le Parlement et le gouvernement allemands qui sortiront des urnes le 24 septembre prochain.

Il a douté déjà que l’accord conclu, jeudi 15 juin par l’Eurogroupe (voir autre nouvelle), pour un nouveau prêt de 8,5 milliards d’euros soit conforme au « deal » conclu entre le gouvernement et le Bundestag.

Ce pacte prévoyait qu’il y ait d’abord un accord avec le FMI sur sa participation au plan d’aide pour la Grèce, puis un déblocage du plan et « pas l’inverse », a-t-il rappelé. Si de facto, les taux d’intérêt très bas s’apparentent à un allègement de la dette, le gouvernement allemand n’a aucune marge pour le vendre comme tel, estime les économistes.

Les économistes s’accordent au moins sur un point : la nécessité de sortir la Grèce de la tutelle internationale.

« Il est temps de donner au Parlement et au gouvernement grecs plus de marge de manœuvre pour dessiner leur propre programme de réforme », a estimé Clemens Fuest, admettant que « le sentiment d’être gouverné de l’extérieur a un impact négatif sur la population et sur la perception des investisseurs privés ».

Pour leur rendre cette « propriété », il serait intéressant de lier le niveau du remboursement de la dette grecque à celui de la croissance, comme l'a accepté l’Eurogroupe sur proposition française, a estimé Marcel Fratzscher. « Selon nos calculs, un tel modèle serait dans l’intérêt des deux partis si 20% des revenus fiscaux lié à la croissance servaient au paiement des taux », a-t-il assuré.

La frange CDU du gouvernement de coalition ne semble toutefois pas prête à faire un pas dans ce sens. (Nathalie Steiwer)

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