La Commission européenne a autorisé, mercredi 31 mai, le rachat par Vivendi de Telecom Italia, à condition que cette dernière cède ses parts dans l’entreprise Persidera.
L’entreprise française Vivendi contrôle un groupe d’entreprises actives sur le marché de la musique, de la télévision, du cinéma, du partage de vidéos et des jeux vidéo. Par l’intermédiaire de sa filiale Havas, Vivendi est également présente dans le secteur publicitaire italien. L’entreprise française détient également une participation minoritaire, mais significative, dans Mediaset, présente sur le marché de l'accès de gros aux réseaux terrestres numériques pour la diffusion de chaînes de télévision.
Telecom Italia est, quant à elle, une entreprise italienne qui fournit des services vocaux et des services de données. Elle est également active sur le marché de l'accès de gros aux réseaux terrestres numériques pour la diffusion de chaînes de télévision, via sa filiale Persidera (entreprise commune avec Gruppo Editoriale L'Espresso).
La Commission a centré son analyse sur deux points. L’institution a d’abord estimé que, compte tenu de la position minoritaire des concurrents de Mediaset et de Persidera sur le marché de l'accès de gros aux réseaux terrestres numériques pour la diffusion de chaînes de télévision, Vivendi aurait pu vouloir augmenter les prix facturés aux chaînes de télévision. Ceci aurait eu pour conséquence de rendre l’accès au public italien plus coûteux pour les entreprises concurrentes.
La Commission européenne s’est ensuite posé la question d’une éventuelle distorsion de concurrence du fait des activités de Vivendi en Italie dans le secteur de la publicité, de la musique, de la télévision et des jeux mobiles et des activités de Telecom Italia dans le secteur des télécommunications fixes et mobiles. L’institution a considéré sur ce point que l’entreprise française n’aurait ni les moyens, ni la motivation, d’exclure les autres concurrents des marchés en question.
La Commission européenne a donc conditionné l’autorisation de rachat de l’entreprise italienne à la cession des parts de Telecom Italia dans Persidera, ce à quoi Vivendi s’est engagée. Et l’institution a estimé que, si cet engagement était respecté, le rachat de Telecom Italia ne serait pas incompatible avec les règles du droit de l’Union en matière de concurrence. (Lucas Tripoteau)