Le président de l'Assemblée nationale vénézuélienne et membre de l’opposition, Julio Borges, a appelé le Parlement européen, mercredi 31 mai, à aider son pays à sortir de la crise politique et humanitaire dans laquelle il est plongé depuis plusieurs mois.
« Nous demandons au Parlement européen de nous aider à mettre en place un ordre du jour démocratique », a-t-il expliqué lors d’une audition devant la commission des affaires étrangères du Parlement européen. « Nous avons besoin de l’aide de tout un chacun pour régler les problèmes au Venezuela. (…) Ce que nous attendons c’est que soit créé un groupe de travail de pays, qui pourrait avoir pour mandat de traiter ces problèmes. Il est aussi important de compter sur l’accompagnement du Parlement européen, de l’ONU et du Vatican », a-t-il ajouté. Il a estimé que le problème vénézuélien dépassait les frontières du pays, car il engendre de l’immigration et met en péril la paix en Colombie avec des trafics et des problèmes de terrorisme. Il a rappelé que plus de 60 personnes étaient mortes lors des manifestations contre le gouvernement.
Le Président du Parlement vénézuélien a estimé, que la proposition du président Nicolas Maduro de convoquer une assemblée constituante dont les membres seraient désignés par les groupes sociaux et selon les circonscriptions électorales, était « un leurre » et a demandé au Parlement européen de ne pas tolérer ou légitimer une proposition de solution « qui ne fera que rendre plus grave et plus difficile la situation du pays ».
Mais, au-delà de la crise politique, le pays est confronté à un vrai drame humanitaire. « Mon pays connaît une situation qui va bien au-delà du problème politique ou idéologique, la réalité du problème qui sévit est humanitaire », a prévenu M. Borges. Selon lui, plus de 4000 enfants sont morts de malnutrition et le pays manque de médicaments. « Voilà un pays riche, qui a en son sous-sol des réserves de pétrole, de gaz, d’or et dont la population fouille les poubelles pour se nourrir », a-t-il résumé.
Le politique vénézuélien a aussi officiellement invité le Parlement européen à envoyer une délégation dans son pays pour voir la situation de ses propres yeux. Si M. Borges a été soutenu par la majorité des députés présents lors de son audition, majoritairement hispanophones, les membres du groupe GUE ont davantage apporté leur soutien au président Nicolas Maduro.
De son côté, lors d’une conférence de presse conjointe avec M. Borges, le président du Parlement européen, Antonio Tajani, a précisé qu’il allait écrire aux présidents du Conseil européen et de la Commission européenne pour que des mesures soient prises contre les personnes qui violent les droits de l’homme au Venezuela. « Nous devons agir maintenant. C’est pourquoi nous devons évaluer d’autres mesures concrètes, telles que la possibilité de prendre des mesures contre des hauts fonctionnaires vénézuéliens », a annoncé M. Tajani. Le Parlement européen a adopté, en avril dernier, une résolution sur le Venezuela, demandant le retour de l’ordre démocratique (EUROPE 11776). Depuis, la situation n’a cessé de se dégrader. (Camille-Cerise Gessant)