Annoncé mercredi 31 mai par Donald Trump, via Twitter, le retrait imminent des États-Unis de l’Accord de Paris a été accueilli par l'Union européenne avec une certaine placidité, convaincue qu’elle est que le monde respectera son engagement à mettre en œuvre cet accord universel sur le climat et que nombre d’acteurs américains continueront à s’engager.
La décision officielle de retrait interviendra « dans quelques jours », selon M. Trump, qui confirme ainsi la position qui se dessinait lors du sommet du G7 (EUROPE 11797).
Invité à réagir à ce sujet, le vice-président de la Commission européenne, Maroš Šefčovič, a indiqué à la presse européenne « avoir entendu parler de cette rumeur » et a tenu à confirmer que l’Union européenne continuerait à aller de l’avant.
« Pour l’Europe il n’y a pas de plan B. Nous sommes convaincus que c’est un accord très important pour la planète, mais aussi pour l’avenir de l’humanité. L’Europe a prouvé que la transition énergétique, l’utilisation de technologies plus propres, l’accroissement de la production énergétique à partir de renouvelables ont un sens au plan économique », a -t-il dit. « Le monde des affaires américain le comprend de plus en plus », a ajouté M. Šefčovič en évoquant le potentiel énorme de création d’emplois de l’industrie solaire aux États-Unis et au Texas.
Pour « les 130 villes américaines qui ont présenté à la Convention de maires leur plan de développement durable pour le développement urbain futur », M. Šefčovič juge qu’un retrait américain « serait très décevant, mais ne changerait pas le cours de l’humanité ».
Il a toutefois souligné que cela ne fait qu’accroître les attentes des pays partenaires de l’UE dans le monde, notamment en Afrique, en Asie, en Chine, à l’égard de l’UE pour qu’elle prenne le leadership. « Nous sommes prêts à le faire. Nous continuerons dans cette voie, malgré cette marche arrière possible », a-t-il assuré, convaincu qu’à terme « les facteurs économiques prévaudront » aux États-Unis. (Aminata Niang)