Le Parlement européen est demandeur d’une législation européenne pour contraindre les fournisseurs de textiles et de vêtements importés dans l’UE à respecter les droits de leurs travailleurs. C’est, selon lui, le meilleur moyen pour l’UE de contribuer à empêcher que ne se reproduisent, dans les pays tiers en développement, des catastrophes au lourd bilan humain comme l’effondrement du Rana Plaza en 2013 au Bangladesh.
Il l’a dit jeudi 27 avril, dans une résolution non législative adoptée à une large majorité (505 voix pour, 49 voix contre et 57 abstentions), reprenant à son compte l’exigence et les recommandations formulées par son rapporteur, l’eurodéputée espagnole Lola Sánchez Caldentey (GUE/NGL, espagnole) (EUROPE 11750).
Les eurodéputés invitent la Commission européenne à présenter une proposition législative en faveur d’un système obligatoire de diligence raisonnable, basé sur les lignes directrices de l’OCDE similaires à celles relatives aux minerais issus des zones de conflit, couvrant l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement.
« Nous ne pouvons pas nous permettre de fermer les yeux si nos vêtements sont fabriqués au prix de la souffrance humaine. Seules des règles contraignantes pourraient garantir que les produits vendus sur les marchés européens ne violent pas la dignité et les droits de millions de travailleurs. L’UE a les moyens d’agir et nous demandons à la Commission de prendre des mesures », a déclaré le rapporteur.
« Les travailleurs du secteur textile, souvent des jeunes femmes ou des enfants, travaillent à des cadences infernales. Au Bangladesh, 47,5% des ouvriers travaillent entre 60 et 98 heures par semaine, 75% plus de 48 heures par semaine », rappelle le Belge Marc Tarabella (S&D).
Cette résolution a été adoptée au lendemain de la présentation, par la Commission, de son document de travail sur une stratégie garante d’une chaîne de valeur du vêtement plus durable (EUROPE 11775). Le Parlement ne pouvait pas mieux dire qu’un document de travail est « une étape dans la bonne direction, mais une étape seulement vers l'établissement d'une stratégie européenne cohérente pour aligner le commerce et le développement sur les objectifs universels de développement durable », comme l’a souligné l'eurodéputée britannique, Linda McAvan (S&D), qui préside la commission du développement du Parlement. (Aminata Niang)