Le Copa-Cogeca a indiqué, vendredi 28 avril à Bruxelles, qu’il préconisait une modernisation de la politique agricole commune (PAC) après 2020, mais pas une réforme de cette politique qui, selon les organisations et coopératives agricoles de l’UE, doit conserver sa structure actuelle et rester « forte » (EUROPE 11760).
« Nous voulons garder la structure actuelle de la PAC, avec les deux piliers forts », a déclaré vendredi, à un groupe de journalistes, le président du Copa, Martin Merrild. Le premier pilier de la PAC est constitué des aides directes et des dépenses de marché et le second contient les programmes de développement rural. Le Copa-Cogeca préconise de conserver à l’avenir les mesures actuelles (paiements directs, filets de sécurité et outils de gestion des risques).
Les présidents des organisations d’agriculteurs et de coopératives d’Europe se sont mis d’accord sur une position conjointe sur la PAC après 2020, qui est transmise à la Commission dans le cadre de la consultation publique sur la modernisation de cette politique. « Nous ne parlons pas d’une réforme, mais d’une modernisation de la PAC », a répété M. Merrild.
Le verdissement est à revoir. Le Copa-Cogeca demande des ajustements à la PAC et des mesures de simplification des règles, surtout en matière de verdissement des aides. M. Merrild admet que les agriculteurs sont davantage touchés par les risques découlant de la volatilité des prix et des conditions climatiques « plus agressives ». Les agriculteurs, en outre, jugent beaucoup trop complexes les contrôles et les paperasseries découlant du verdissement des aides. « Il faut rendre le verdissement plus simple et donner aux paysans davantage de choix sur les éléments du verdissement auxquels ils souhaitent participer », a expliqué M. Merrild.
'Non' à la dégressivité et au plafonnement des aides. Il a par ailleurs reconnu que le Copa-Cogeca n’était pas en faveur de la dégressivité et du plafonnement des aides. Le texte de la position commune explique que, compte tenu des réalités différentes dans les pays de l’UE, « le plafonnement et la dégressivité sont inacceptables ». Le Copa-Cogeca estime ne pas être en faveur des transferts de crédits entre les deux piliers de la PAC.
La sortie du Royaume-Uni de l’UE inquiète beaucoup les paysans, surtout dans les États membres qui exportent beaucoup dans ce pays, dont l’Irlande (37% des exportations de produits agricoles vont au Royaume-Uni). « Il faudra conserver un marché unique avec le Royaume-Uni », a estimé M. Merrild. « Il nous faut absolument un marché commun avec le Royaume-Uni », a insisté le président du Copa. Le Royaume-Uni est un contributeur net au budget de l'UE et il y aura des pressions sur le budget européen, a reconnu M. Merrild. Pour compenser la perte de la contribution britannique, les autres pays de l'UE devront contribuer davantage au budget de l'UE, ou bien ce dernier sera revu à la baisse, a expliqué M. Merrild.
Enfin, il a relevé que, dans tous les pays de l’UE, les personnes les plus sceptiques à l’égard du projet européen vivaient dans les zones rurales. « L’UE et la PAC ont vraiment un rôle à jouer pour soutenir les entreprises via les nouvelles technologies et améliorer les conditions de vie dans les zones rurales », a conclu le président du Copa. (Lionel Changeur)