Le ministre irlandais de la Santé, Simon Harris, ne ménage pas ses efforts pour obtenir le futur siège de l’Agence européenne des médicaments. Après avoir déjà rencontré le commissaire Andriukaitis à deux reprises, il était à Bruxelles à la veille d’un Sommet extraordinaire, vendredi 28 avril, pour présenter aux attachés santé et à la presse une brochure de 30 pages compilant les arguments de Dublin.
Samedi 29 avril, les chefs d’État ou de gouvernement seront invités à adopter le projet de lignes directrices qui guideront les négociations sur la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne. Le président du Conseil européen, Donald Tusk, et le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, devraient également évoquer les critères et le calendrier qui permettront de choisir la ville qui accueillera l’EMA dans le futur. À l’heure actuelle, plus de 20 États membres auraient exprimé à l’agence leur intérêt.
« Je n’ai pas l’intention de dire du mal des offres qui ont été faites par les autres villes. Il est normal que tout le monde présente ses arguments », a indiqué Simon Harris en réponse à la question d'une journaliste l’interrogeant sur la difficulté de convaincre d’autres États, eux-aussi, pour la plupart, dans la course. « Selon moi, les maîtres mots sont ‘durabilité’ et ‘transition douce’, et Dublin répond à ces exigences », a-t-il ajouté, affirmant que le gouvernement irlandais avait déjà identifié deux sites pouvant potentiellement accueillir les futurs bureaux de l’agence. Il ne s’est par contre pas prononcé sur le fait que l’Agence avait souscrit un contrat de bail (sans possibilité de rupture) jusqu’en 2039, dont le loyer annuel est estimé à 16 millions d’euros. Selon lui, cette question doit être appréhendée dans le cadre des négociations globales sur le Brexit, mais ne devrait pas rentrer en ligne de compte pour le choix du nouveau siège.
L'UE dispose depuis 2012 d'une liste de critères permettant d'orienter le choix d'un siège pour une nouvelle agence. Mais le ministre irlandais estime que d'autres critères devraient entrer en ligne de compte pour une « relocalisation ». « Le Conseil devrait être informé des enjeux au moment de prendre sa décision. (...) Nous avons besoin d’une décision rapide, idéalement cette année », a-t-il conclu. La déclaration interinstitutionnelle de 2012 peut être consultée à la page : https://europa.eu/european-union/sites/europaeu/files/docs/body/joint_statement_and_common_approach_2012_fr.pdf. (Sophie Petitjean)