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Bulletin Quotidien Europe N° 11777
ACTION EXTÉRIEURE / Turquie

Les États membres divisés sur le futur des relations entre l’UE et Ankara

Les ministres des Affaires étrangères, réunis informellement à Malte, vendredi 28 avril, se sont montrés divisés sur l’avenir des relations entre la Turquie et l’UE.

« La discussion a été assez responsable, il n’y a pas eu de dérapages, même s’il y a des nuances », a expliqué le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, à un petit groupe de journalistes, dont EUROPE, après la rencontre - la première après le référendum en Turquie le 16 avril. « Tout le monde est conscient qu’il faut trouver le chemin (pour parler à la Turquie) tout en restant très clairs sur le principe du droit. Personne ne veut ignorer la Turquie (…) personne ne veut la rupture », a-t-il ajouté, précisant qu’« en même temps, en étant ferme sur les principes, c’est une manière de dire à la Turquie : ‘On vous tend la main c’est à vous de répondre maintenant’». « Le fait d’être franc et clair, cela ne peut pas être négatif, cela ne peut être que constructif », a ajouté le Français.

À son arrivée au Conseil, le Lituanien Linas Linkevicius a, lui, jugé qu’il fallait faire preuve de responsabilité et rester engagé dans les discussions. « Il est facile de fermer la porte, mais il faut être plus responsable, pour préserver ce que nous avons créé. C’est pour le bien des deux parties, mais aussi de la région », a-t-il ajouté, expliquant aussi qu’augmenter le décalage entre les parties ne serait « pas profitable ni rationnel ».

De nombreux ministres ont insisté sur les valeurs de l’UE. Pour M. Ayrault, « la Turquie n’a pas à craindre de la démocratie, au contraire, cela la renforce, la crédibilise ». « Nous devons vraiment voir où est la Turquie dans ses relations avec l’Europe. C’est un partenaire stratégique, il n’y a pas de doutes là-dessus. (…) Mais, bien sûr, nous sommes inquiets des développements en termes de démocratie et de droits de l’homme », a expliqué le Néerlandais Bert Koenders. « Être membre de l’UE porte sur des valeurs et ces valeurs doivent être étayées par des mesures concrètes. On ne peut pas dire une chose et aller dans le sens contraire », a rappelé le Slovaque Miroslav Laják. Selon lui, il est nécessaire d’avoir un partenariat fondé sur des principes compris et convenus par les deux côtés, « ce n’est pas ce que nous avons et ce n’est pas bien », a-t-il ajouté. 

« Si elle veut continuer à être un pays candidat, il y a les critères de Copenhague (à respecter) », a prévenu le Portugais Angusto Santos Silva, rappelant le soutien de son pays à l'adhésion tant qu'Ankara respecte ces critères. Si le ministre allemand, Sigmar Gabriel, a clairement expliqué que son pays était opposé à annuler les négociations d’adhésion avec la Turquie, car cela serait « une réaction totalement erronée » et risquerait de pousser les Turcs dans les bras de la Russie, son homologue autrichien, Sebastian Kurz, a, lui, conservé la ligne dure. « Il est nécessaire de parler avec la Turquie, mais la voie (pour le faire) ne peut pas être l’adhésion », a-t-il expliqué. « Des contacts avec la Turquie, oui, mais l’adhésion, non », a-t-il insisté. Selon lui, « avec le référendum, de nombreuses personnes pensent que la ligne rouge a été franchie ».

Le ministre hongrois, Péter Szijjártó, a dénoncé le double langage de l'UE sur les droits de l’homme. « Je ne me souviens pas très bien que, quand les institutions européennes ont voulu faire un accord migratoire, elles aient beaucoup travaillé sur les droits de l’homme », a-t-il lancé, estimant qu’il ne fallait pas mettre en place des doubles standards. « Quand on a besoin de la Turquie, on oublie tout le reste, quand on veut frapper la Turquie, on voudrait oublier l’accord migratoire », a-t-il ajouté, appelant au dialogue.

Selon une source diplomatique, le commissaire aux Négociations d’élargissement, Johannes Hahn, a proposé, lors de la réunion informelle, une évaluation du respect des critères de Copenhague par la Turquie, proposition refusée par les ministres. (Camille-Cerise Gessant)

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