La présidence du PPE, composée du président Joseph Daul et des 10 vice-présidents du parti chrétien-démocrate européen, discutera, samedi 29 avril au matin, des initiatives et prises de position controversées du leader hongrois, Viktor Orbán.
Ce débat se tiendra juste avant le sommet des leaders du parti PPE qui se tiendra, lui aussi, peu avant l’ouverture du sommet européen des Vingt-sept consacré au Brexit (voir autre nouvelle).
Viktor Orbán a déjà multiplié les passes d’armes avec l’Union européenne en 2011 et 2012 avec ses réformes jugées liberticides, sur les médias ou sur la mise à la retraite d’office des juges. Il a ensuite braqué ses partenaires en 2015 au moment de la crise migratoire en refusant de rallier les mécanismes de relocalisation des demandeurs d’asile, refus qu’il avait tenté d’amplifier en organisant un référendum (perdu) sur le sujet.
Plus récemment, de nouvelles initiatives ont conduit l'échelon européen à s’interroger encore sur les agissements du dirigeant hongrois, entre la nouvelle loi sur les universités étrangères, la loi en préparation sur les ONG étrangères, la loi sur les migrants et leur détention systématique et même une consultation nationale pour 'Stop Bruxelles ' (EUROPE 11773).
L’une de ces actions, la loi sur les universités étrangères, a d’ailleurs fait l’objet mercredi 26 avril d’une procédure d’infraction. Il y a trois semaines, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, avait ouvertement critiqué le fait que M. Orbán ait lancé une consultation sur les excès de 'Bruxelles' juste après avoir signé la Déclaration de Rome à l'occasion du soixantième anniversaire des traités de Rome, fin mars (EUROPE 11754).
L'exclusion du Fidesz du PPE n'est pas envisagée
Cette discussion prévue samedi matin ne devrait pas aboutir à l’exclusion de l’homme fort du Fidesz de la famille PPE. « Aucun dirigeant PPE n’a jusqu’ici demandé cette exclusion », a fait valoir une source.
Au PE, ils sont certes de plus en plus nombreux au sein du groupe PPE à s’inquiéter des agissements du Premier ministre hongrois qu’ils jugent même susceptibles de pouvoir déclencher une procédure de monitoring sur l'État de droit (‘article 7’) contre le pays, à l’image du Luxembourgeois Frank Engel.
Mais l'Allemand Manfred Weber, leader du groupe PPE, a semblé écarter cette option. Tout en critiquant les agissements de M. Orbán contre l’Université d’Europe centrale, il a refusé de recevoir des leçons « sur qui doit ou ne doit pas être » au PPE. Il s’est aussi dit certain que M. Orbán se rangerait aux arguments de la Commission.
Les autorités hongroises disposent d'un délai d'un mois pour répondre à la procédure d'infraction que lui a transmise la Commission européenne. (Solenn Paulic)