Les normes d’émission des centrales à charbon et de toutes les grandes installations de combustion couvertes par la législation européenne sur la pollution industrielle seront sensiblement durcies dans l’UE grâce à un vote favorable des États membres, intervenu vendredi 28 avril, après plusieurs années de retard.
En procédure de comitologie, les représentants des États membres siégeant au sein du comité de la directive relative aux émissions industrielles (directive IED) ont approuvé, à la majorité qualifiée, la mise à jour du document BREF concernant les normes de performance des grandes installations de combustion sur la base des meilleurs techniques disponibles (EUROPE 11775).
En vertu de ce vote, les États membres seront tenus d’imposer, à compter de 2021, des limites d’émission plus strictes aux polluants toxiques des 2 900 grandes installations de combustion - dont 257 centrales électriques à charbon. Seront concernés les oxydes d’azote (NOx), le dioxyde de soufre (SO2), les particules fines (PM), mais aussi, pour la première fois, le mercure.
« Ces valeurs limites sont très importantes », a souligné le porte-parole à l'Environnement, Enrico Brivio, en rappelant que la pollution atmosphérique est responsable de 400 000 décès prématurés par an dans l'UE. Elles ne conduiront pas nécessairement à la fermeture des centrales à charbon de pays comme la Bulgarie : « La possibilité de solliciter une dérogation est prévue par la directive si l'augmentation du prix de l'électricité dépasse les avantages environnementaux », a-t-il dit.
Pour les ONG environnementales et de protection de la santé, qui s’étaient alarmées auprès du commissaire à l'Environnement, Karmenu Vella, des tentatives de l’Allemagne et la Pologne, mais aussi d'autres pays (République tchèque, Bulgarie, Finlande, Hongrie, Slovaquie et Roumanie), de diluer ces normes, c’est un immense soulagement.
Le Bureau européen de l'environnement (BEE) réitère que ces nouvelles normes permettront de sauver plus de 20 000 vies par an pour les seules centrales à charbon « Enfin une bonne nouvelle en matière de lutte contre la pollution atmosphérique ! Des techniques testées existent pour filtrer ou réduire les émissions toxiques », a déclaré Christian Shaible, membre du BEE qui a participé aux négociations. Il trouve néanmoins « choquant que l'Allemagne ait rejoint certains des pays d'Europe les plus polluants pour tenter de bloquer ces règles bénéfiques pour tous les citoyens de l'UE ». (Aminata Niang)