Il est temps que l’Union européenne se dote de mesures strictes pour ne plus être complice du massacre des forêts humides tropicales causé par la monoculture croissante d’huile de palme, en particulier dans les pays d’Asie du Sud-est, ont estimé les députés européens, mardi 4 avril à Strasbourg.
Joignant le geste à la parole, ils ont adopté, à une large majorité (640 voix pour, 18 contre, 28 abstentions), une résolution non législative appelant à un plan d’action rigoureux, garant de l’utilisation durable de l’huile de palme dans l'alimentation, les cosmétiques et les agrocarburants en Europe. Cela, dans l’intérêt des forêts, des populations autochtones qui en dépendent, de la biodiversité et du climat (EUROPE 11742).
L’eurodéputée tchèque et rapporteur, Kateřina Konečná (GUE/NGL), sensibilisée au problème depuis la fin 2015 par les dégâts causés aux forêts humides en Indonésie, a cité, parmi les fléaux associés à la production d’huile de palme, « la corruption, le travail des enfants, les violations des droits de l’homme, des droits des peuples autochtones, la disparition d’espèces animales qui ont perdu leur habitat, les émissions de gaz à effet de serre, les polluants, la recherche du profit davantage que de la durabilité ». Tout cela s’exerce contre « le poumon de notre planète », a-t-elle déclaré. Et d'ajouter : « nous voulons un débat ouvert avec tous les acteurs ».
Le Parlement plaide pour une élimination progressive, de préférence d'ici à 2020, de l’utilisation des agrocarburants issus des huiles végétales qui encouragent la déforestation.
Il demande à l’UE de se doter d’un régime de certification unique et obligatoire pour garantir que l’huile de palme importée soit bien durable, du point de vue environnemental et social. Les eurodéputés estiment qu’un tel régime sera plus efficace et plus clair pour les consommateurs que la profusion actuelle de régimes volontaires.
Le Parlement appelle la Commission et les États membres à soutenir les pays en développement pour mettre en œuvre des pratiques de production responsables au plan environnemental et social et pour garantir les droits et les moyens de subsistance des peuples indigènes et des communautés locales.
La résolution insiste sur le rôle crucial joué par les forêts dans l’atténuation du changement climatique et pour le développement durable, et rappelle les engagements souscrits par l’UE pour préserver et restaurer les forêts. (Aminata Niang)