Après six années d’un conflit meurtrier en Syrie et des pourparlers de paix qui s’enlisent à Genève, le commissaire européen à l’Aide humanitaire, Christos Stylianides, a lancé un appel à la communauté internationale, mardi 4 avril à Bruxelles, afin qu’elle redouble d’efforts pour tenir ses promesses d’aide humanitaire faites un an plus tôt à Londres, et fasse plus encore, pour alléger la souffrance des Syriens affectés par le conflit, celle des réfugiés et de leurs communautés d’accueil dans la région.
La conférence internationale 'Supporting the Future of Syria and the Region', coprésidée par l’UE, le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Norvège, le Koweït, le Qatar et les Nations unies, lui en a fourni l’occasion, lors de la session sur les besoins humanitaires et les défis de l'aide en Syrie, organisée en prélude à la conférence ministérielle du 5 avril (EUROPE 11759).
Regrettant que l'heure soit à « débattre des moyens d'accès aux personnes vulnérables, plutôt que de parler des moyens de reconstruire la Syrie », M. Stylianides a parlé d'une « situation tragique », avec « plus de souffrances et plus de déplacements forcés », puisque les combats se poursuivent. L'aide ne pouvant pas tout, c'est surtout à une « solution politique » qu'il appelle.
À ce jour, 13,5 millions de Syriens, dont 6,3 millions de personnes déplacées et 1,5 million vivant dans des zones assiégées, ont besoin d’aide humanitaire dans le pays. La barre des 5 millions de réfugiés a été franchie.
« Nous sommes ici pour faire un nouvel effort pour répondre à ces défis humanitaires énormes en Syrie, pour témoigner, une fois de plus, notre solidarité concrète avec le peuple syrien. C’est la raison pour laquelle l’UE accueille cette conférence. C’est notre devoir moral. C’est notre responsabilité, en tant que communauté internationale, de réaffirmer notre engagement envers le peuple de Syrie que nous continuerons à soutenir aussi longtemps que nécessaire. Notre message à tous les Syriens est clair et simple : nous sommes à vos côtés. Nous ne vous abandonnerons pas », a déclaré le commissaire à l'ouverture de la session.
Pour accroître l’efficacité de l’aide, les participants - société civile, agences de l'ONU et donateurs - se sont accordés sur l’importance des priorités suivantes : promouvoir le respect du droit humanitaire international, des droits de l’homme et du droit des réfugiés pour protéger les civils, axer l’action humanitaire sur les besoins prioritaires, garantir l’accès humanitaire et l’espace humanitaire, garantir l’accès à la santé et la protection des travailleurs humanitaires, gérer les urgences et s’adapter aux risques, autonomiser l’action humanitaire de la société civile et des acteurs locaux, soutenir les moyens de subsistance et l’accès aux services de base des personnes les plus vulnérables dans le cadre de l’aide humanitaire pour renforcer la résilience, garantir un financement durable et flexible de l’aide humanitaire et promouvoir la transparence.
Ces recommandations seront transmises à la session consacrée, mercredi 5 avril dans l'après-midi, à « l’aide humanitaire et la résilience » sous la présidence conjointe de la Norvège et du Koweït.
À la conférence de Londres, en février 2016, l’UE et ses États membres avaient promis plus de trois milliards d'euros en réponse à l'appel de fonds de l'ONU (EUROPE 11483). Avec 9 milliards € déboursés par l’UE et les Vingt-huit depuis le début de cette crise humanitaire en faveur des Syriens dans le pays, des réfugiés et de leurs communautés d’accueil dans les pays voisins (Liban, Jordanie, Irak, Turquie), l’UE est le plus grand donateur. (Aminata Niang)