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Bulletin Quotidien Europe N° 11761
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ACTION EXTÉRIEURE / Syrie

Mme Mogherini condamne l’attaque chimique perpétrée en zone rebelle

La Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, a condamné, mardi 4 avril, l’attaque chimique perpétrée dans la ville rebelle de Khan Cheikhoun dans le nord-ouest de la Syrie qui aurait fait au moins 100 morts, dont plusieurs enfants. L’hôpital où étaient soignées les victimes de l’attaque aurait ensuite été bombardé.

« Cette nouvelle est atroce, mais c’est un rappel dramatique du fait que la situation sur le terrain continue d’être dramatique dans différentes parties de la Syrie, dans différentes parties de la société », a-t-elle expliqué à plusieurs agences de presse dont EUROPE. « Évidemment il y a une responsabilité première du régime, parce qu’il a la responsabilité première de protéger son peuple et de ne pas l’attaquer », a-t-elle ajouté. Selon Mme Mogherini, ce « drame » rappelle que la priorité est d’arrêter le conflit. La Haute Représentante a aussi souligné que « la question de la responsabilité était très importante pour l’UE ».

Lors d’un point de presse avec l’envoyé spécial pour la Syrie, Staffan de Mistura, plus tard dans la journée, elle a précisé que, « pour le moment », il n’y avait pas d’indice sur le responsable de l’attaque.

De son côté, M. de Mistura a expliqué que l’ONU allait demander une identification claire de la responsabilité de cette « horrible » attaque. Plusieurs ministres des Affaires étrangères ont aussi condamné l’attaque et la France a demandé une réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations Unies.

Dans l’interview accordée à plusieurs agences, dont EUROPE, Mme Mogherini a souligné que la priorité était à l’arrêt du conflit. Elle a rappelé qu’il était de la responsabilité de ceux qui avaient un rôle militaire direct ou indirect de garantir la tenue d’un cessez-le-feu, espérant que la Russie, l’Iran et la Turquie allaient le faire. L’UE se concentre, elle, sur un rôle politique et humanitaire. Selon Mme Mogherini, du fait que l’UE ne joue pas un rôle militaire, elle est une « interlocutrice politique crédible pour toutes les parties ». La Haute Représentante a souligné à plusieurs reprises le soutien de l’UE aux négociations intrasyriennes sous les auspices de M. de Mistura.

Si c’est aux Syriens de décider de l’avenir de leur pays, c’est à la communauté internationale, aux acteurs régionaux, dont la Russie, de créer l’espace pour que les parties syriennes définissent la voie à suivre, a expliqué Mme Mogherini. Les acteurs régionaux ont un « intérêt spécial » à faire en sorte que la Syrie ne devienne pas un autre « trou noir » dans une région plus vaste, a-t-elle précisé.

La Haute Représentante a aussi rappelé que l’accord politique devait être le plus inclusif possible, d’autant plus que la Syrie était un véritable « patchwork » religieux et que le pays était sujet aux divisions politiques avant la guerre. « Dans la Syrie de demain, chacun devra se sentir chez soi, dans son pays », a-t-elle expliqué. « Sinon, probablement nous allons avoir des conflits latents ou l'effondrement » du pays, a-t-elle prévenu. Selon la Haute Représentante, « trop de fois, dans le passé, nous avons fait l’expérience de gagner la guerre, puis de perdre la paix ».

Interrogée sur le futur de Bachar el Assad, Mme Mogherini a estimé qu’il était « irréaliste de penser que la situation politique et institutionnelle puisse revenir à ce qu’elle était il y a sept ans ». « Après de longs conflits, cela n’arrive jamais », a-t-elle ajouté. « Après un conflit aussi long et dramatique, il doit y avoir une responsabilité, de la justice transitoire, de la gouvernance qui garantisse cela, (…) du remodelage institutionnel », a expliqué Mme Mogherini, ajoutant que le futur d’Assad allait aussi suivre cet exercice. « Quel type d’institutions instaurer, quel séquençage pour les différentes étapes de l’accord politique et de la transition politique, quel type d’arrangements… ce sont des éléments, si je comprends bien, que les parties à Genève ont commencé à regarder en détail », a-t-elle ajouté.

Si, lors de la conférence sur la Syrie, organisée ce mercredi 5 avril à Bruxelles, les 70 délégations devraient rappeler leur soutien à ces négociations, elles devraient aussi se pencher sur la période post-conflit. Tout en reconnaissant qu’il pourrait paraître « surréaliste de planifier la paix alors que l’on est au milieu du conflit », Mme Mogherini a estimé que la communauté internationale devait être prête pour la suite.

Ainsi, lors de la conférence, la communauté internationale devrait discuter de la façon de « soutenir l’avenir de la Syrie qui aura été décidé par les Syriens, d’une manière cohérente et constante ». Selon la Haute Représentante, cela évitera des risques d’une aide trop lente, non coordonnée ou réduite, mais il s’agira aussi d’une incitation pour les parties syriennes à travailler sur un accord. « Nous commençons ce travail car il peut également être une partie du dividende pour la paix que les parties pourraient apprécier dans leurs efforts pour s’engager dans les discussions. C’est plus simple d’imaginer la paix, si vous avez l’espoir que cela puisse être soutenu par d’autres », a-t-elle expliqué. « Si on ne sait pas que la communauté sera prête (à aider), cela peut être utilisé comme un alibi » par les parties ; le fait qu’elle se prépare supprime cet alibi, a ajouté Mme Mogherini.

Mais en attendant que la paix revienne en Syrie, la population a toujours besoin d’aide. Ainsi, Mme Mogherini a prévenu que, lors de la conférence, l’UE allait exhorter la communauté internationale à « au moins maintenir le niveau de promesses » d’aides financières faites pour 2016 et 2017. « On ne veut pas voir l’aide diminuer », a-t-elle ajouté. Lors de la conférence de Londres en février 2016, 6 milliards d’euros avaient été promis pour les Syriens.

Une réunion extraordinaire du Conseil de sécurité de l'ONU a été convoquée pour mercredi 5 avril « pour aborder cette attaque chimique supposée ». (Camille-Cerise Gessant)

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