La Commission européenne continue de démentir l'existence de conflits d'intérêts au sein du Comité scientifique en matière de limites d’exposition professionnelle (Scoel).
En complément de sa position publiée dans nos colonnes (EUROPE 11733), elle affirme avoir mis en place des « mesures d'atténuation » afin d'éviter que l'un des 22 membres du comité n'essaie d'influencer les limites d'exposition professionnelle aux produits chimiques au profit de l'industrie. « Les membres qui sont liés à une certaine branche industrielle ne pourront pas participer aux discussions concernant les substances spécifiques, par exemple, mais participeront uniquement aux groupes de travail traitant des sujets horizontaux », explique le service de presse de la commissaire Marianne Thyssen.
À notre demande, la Commission nous a expliqué qu'une experte a été écartée des discussions relatives aux chromates en raison d'une évaluation qu'elle avait menée par le passé sur la sécurité chimique pour l'industrie. Un autre expert avait été écarté des discussions sur les gaz d'échappement des moteurs diesel et la poussière/fumée de caoutchouc en raison des financements de recherches qui lui avaient été octroyés par l'industrie chimique et qu'il avait déclarés. Un troisième exemple concerne la non-participation de certains experts aux discussions concernant le N-méthyl pyrrolidone.
Pour rappel, les syndicats européens devraient aborder ce sujet avec la Commission fin mars. (Sophie Petitjean)