Les leaders européens ayant réagi à la confirmation, dimanche 4 décembre, de l'accès de l'écologiste autrichien Alexander Van der Bellen à la présidence de la République ont majoritairement fait part de leur soulagement.
« Alors que nous faisons face à de nombreux défis, la contribution constructive et continue de l'Autriche à la recherche de solutions communes européennes et au maintien de l'unité restera un élément essentiel », a déclaré le président du Conseil européen, Donald Tusk, dans un communiqué. Plus combatif, le président sortant du Parlement européen, Martin Schulz, a considéré, via son compte Twitter, que la victoire de l'écologiste autrichien constitue « une lourde défaite du nationalisme et du populisme rétrograde et antieuropéen ».
À son arrivée à l'Eurogroupe lundi 5 décembre, le commissaire aux Affaires économiques et financières, Pierre Moscovici, a estimé qu'à travers l'élection autrichienne il y a avait, « dans l'esprit des Européens, une réticence au populisme et un refus des thèses antieuropéennes de l'extrême droite qui peuvent nous rassurer sur l'avenir du continent ».
Avec plus de 53% des voix, M. Van der Bellen a devancé le candidat de l'extrême droite, Norbert Hofer (FPÖ), lors d'une troisième élection après que le deuxième tour, remporté de justesse par l'écologiste, avait été annulé pour irrégularités procédurales à la suite d'une contestation du parti FPÖ (EUROPE 15556). Il remplace pour un mandat de six ans le social-démocrate Heinz Fiscker.
« Le fait que plus de 40% des électeurs aient choisi le candidat nationaliste doit quand même une fois de plus sonner comme une alerte. On dirait que les leaders européens préfèrent encore étriller les citoyens qui votent pour des nationalistes au lieu de s'occuper de leurs inquiétudes », a commenté le Britannique Syed Kamall, président du groupe eurosceptique CRE au Parlement européen. (Mathieu Bion)