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Bulletin Quotidien Europe N° 11682
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ACTION EXTÉRIEURE / Syrie

Mme Mogherini reconnait que les sanctions n’ont pas d’effet

La Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, a reconnu, samedi 3 décembre, que les sanctions à l’encontre de la Syrie n’avaient pas d’effet sur le conflit.

« Je ne crois pas qu'avoir des sanctions (…) ait empêché l'escalade militaire », a-t-elle expliqué lors d’une conférence à Rome sur les Dialogues méditerranéens intitulée ‘Au-delà de la tourmente, un agenda positif’.

Les sanctions européennes portent, entre autres, sur une interdiction de visas et un gel des avoirs de 234 personnes ainsi que de 69 entités, et sur un embargo pétrolier, des restrictions sur certains investissements, des restrictions sur les exportations d'équipements et de technologies susceptibles d'être utilisées à des fins de répression interne.

Selon Mme Mogherini, les sanctions sont un moyen de pression possible, mais n’ont pas d’effet immédiat. « Cela peut avoir un effet symbolique, politique ou à long terme, ou bien on peut être poussé à engager des négociations avec la perspective de les lever, si vous entamez des négociations », a-t-elle ajouté.

La chute d'Alep ne mettra pas fin à la guerre selon Mme Mogherini

Lors de la conférence, la Haute Représentante est aussi revenue sur la situation à Alep. Depuis le lancement d'une nouvelle offensive par le régime syrien, le 15 novembre, plus de 300 civils ont été tués et de nombreuses infrastructures médicales détruites. « Je suis convaincue que la chute d'Alep ne mettra pas fin à la guerre. Nous aurons d'autres escalades militaires », a-t-elle souligné. « Aucun processus de paix ne sera facile sur les ruines d'Alep. Personne n'a intérêt à détruire la ville, à tuer d'autres personnes, puis à regarder ce que nous faisons ensuite. Cela ne fera qu'empirer les choses », a-t-elle prévenu. Mme Mogherini a estimé avoir toujours « un devoir politique, un devoir moral et une responsabilité » concernant Alep, pour protéger les civils et pour appeler à l’arrêt des frappes.

La Haute Représentante a une nouvelle fois mis l’accent sur la voie politique, appelant à un changement de vision : « Nous ne pouvons pas rendre la voie politique otage de la dynamique militaire sur le terrain ». « Jusqu'à présent, nous avons toujours travaillé en supposant que, d'abord, il fallait cesser les hostilités, ce qui permettrait l'aide humanitaire, et ensuite créer les conditions politiques pour avoir des pourparlers politiques », a-t-elle expliqué, ajoutant qu’il serait « peut être temps » de sonder le terrain avec les puissances régionales et les acteurs internationaux pour voir quel type de futur pourrait avoir la Syrie, « même au moment où les combats se poursuivent toujours à Alep et ailleurs ». « De nombreux conflits ont trouvé des solutions politiques, on a négocié des solutions politiques même pendant les combats », a-t-elle rappelé.

Mme Mogherini tente de discuter avec les puissances régionales pour faire avancer le processus politique. Pour la Haute Représentante, si l’avenir de la Syrie doit être décidé par les Syriens, les puissances régionales « doivent permettre aux Syriens d'utiliser cet espace ». Il faut donc que les puissances régionales se prononcent « sur le périmètre au sein duquel une solution sera acceptable pour elles. Quel type de gouvernement, quel rôle pour le président du Parlement, quel type de décentralisation, etc.», a-t-elle énuméré. (Camille-Cerise Gessant)

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