Le Parlement européen a voté, lors de la session plénière de mercredi 23 novembre à Strasbourg, une résolution afin que les citoyens atteints de surdité, sourds et aveugles ou malentendants aient accès aux mêmes informations que leurs concitoyens, notamment grâce à l’interprétation en langue des signes. Cette dernière devrait avoir le même statut qu'une langue parlée.
Les citoyens sourds ou malentendants n’ont, actuellement, aucun moyen de communication directe avec les députés du PE et les administrateurs des institutions de l’UE. L’égalité d’accès à la justice n’est pas non plus toujours garantie. La résolution votée mercredi 23 novembre prône donc la reconnaissance officielle des langues des signes, au même titre que toute autre langue parlée, et prévoit une formation officielle – universitaire ou équivalente – afin que les institutions européennes disposent d’interprètes en langues de signes qualifiés et professionnels. La profession doit dorénavant être rémunérée comme il se doit et avoir le même statut que les interprètes en langues parlées. Des questions d'ordre pratique restent toutefois à préciser, dans la mesure où il existe de nombreuses langues des signes nationales et régionales au sein de l'Union.
L’UE dénombre près d’un million de sourds utilisant la langue des signes, et pas moins de 51 millions de citoyens malentendants, qui sont également nombreux à l’utiliser. Les interprètes en langue des signes ne sont, quant à eux, pas plus de 1 500. « Concrètement, cela représente un interprète pour 160 usagers. Il y a clairement un manque d’interprètes pour l’instant et les personnes sourdes perdent leur place dans la société. », avait déclaré la député européenne Helga Stevens (CRE, belge) à l’occasion d'une initiative lancée en septembre dernier, où plus de 1 000 sourds et malentendants s’étaient réunis au PE à Bruxelles afin de réclamer un meilleur statut pour les interprètes en langue des signes. (Thomas Régnier, stagiaire)