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Bulletin Quotidien Europe N° 11674
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POLITIQUES SECTORIELLES / Agriculture

Le Copa-Cogeca s’oppose à la suppression graduelle des biocarburants classiques 

Les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) s’opposent au projet visant à éliminer progressivement les biocarburants classiques après 2020 (EUROPE 11600).

Dans un communiqué de presse publié mardi 22 novembre, le Copa-Cogeca s’inquiète des dispositions contenues dans la proposition que la Commission devrait adopter le 30 novembre prochain révisant la directive 2009/28/CE sur la promotion de l’utilisation de l’énergie produite à partir de sources renouvelables. 

Réduction de la part des biocarburants classiques de 7 à 3,8% en 2030 ?

Selon un projet de texte de la proposition vu par EUROPE (qui est susceptible d'évoluer à la lumière des consultations interservices), la Commission envisagerait de réduire de 7% en 2021 à 3,8% en 2030 la part des biocarburants conventionnels (ou de première génération) dans les carburants pour le transport. Elle proposerait également d'augmenter de 1,25% en 2021 à 5,5 % en 2030 la part des biocarburants de deuxième génération (ou avancés).

Or, selon le Copa-Cogeca, cette proposition ne serait pas réaliste. En effet, dans la directive de 2015 (révisant celle de 2009 sur les énergies renouvelables), l'objectif pour les biocarburants avancés est de 0,5% en 2020. En outre, la directive autorise les États membres à déroger à ce niveau de référence, dans des conditions dûment justifiées. En effet, il est difficile de trouver sur les marchés ces biocarburants avancés.

Initialement, la Commission prévoyait d'atteindre 10% de biocarburants dans les carburants fossiles à l'horizon 2020. En raison du débat sur les changements d'affectation des terres et de la crise alimentaire de 2008, la Commission a proposé (dans la directive 2015 révisant la directive de 2009) un plafonnement à 7% en 2020 pour ces biocarburants classiques. 

Pour produire le bioéthanol (essence), les agriculteurs utilisent du maïs, du blé ou de la betterave et pour produire le biodiesel (gazole), ils utilisent un mélange d'huiles (colza, tournesol, soja, palme). Les biocarburants ‘de deuxième génération’ sont produits à partir de déchets ou de résidus. 

Selon le Copa-Cogeca, l’élimination des filières classiques de production des biocarburants « augmentera l'incorporation de carburants fossiles et, donc, les émissions de carbone et réduira les aliments essentiels pour les animaux »

Le secrétaire général du Copa-Cogeca, Pekka Pesonen, a estimé que les biocarburants avancés en étaient encore à leurs premiers stades de développement et qu’ils n’étaient pas encore commercialement viables. Le Copa-Cogeca défend le maintien jusque 2030 de la part de 7% pour les biocarburants classiques, avec une clause de révision pour tenir compte de la part des biocarburants avancés sur le marché. (Lionel Changeur)

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