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Bulletin Quotidien Europe N° 11674
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Climat

Le PE souhaite que, de retour de Marrakech, l'UE redouble d'efforts pour concrétiser l’Accord de Paris

Les députés européens ont été nombreux à se féliciter des résultats de la COP 22 sur le climat et à remercier, mercredi 23 novembre à Strasbourg, tant la Commission européenne que la Présidence slovaque du Conseil de l’UE pour l’unité dont l’Union a fait preuve dans les négociations à Marrakech.

Le débat qu’ils ont eu avec le commissaire européen à l’Action pour le climat, Miguel Arias Cañete, et le secrétaire d’État slovaque aux Affaires étrangères, Ivan Korčok, venus faire le point avec eux sur les avancées engrangées à Marrakech, leur en a fourni l’occasion (EUROPE 11672).

La quasi-totalité des députés de la quasi-totalité des groupes politiques (PPE, S&D, CRE, ADLE, ELDD, Verts/ALE)  a estimé que cette COP, un temps assombrie par l’élection de Donald Trump, avait été un succès par l’élan politique qu’elle a finalement réussi à imprimer à la transition du monde vers une économie sobre en carbone et résiliente au changement climatique. Selon eux, il convient de faire de la Chine une alliée pour avancer, mais aussi, désormais, de mettre les bouchées doubles, dans l’UE, pour progresser sur la législation en cours d'examen (réforme à long terme de l’ETS, partage de l’effort dans les secteurs hors ETS, contribution de l’agriculture et des forêts) et sur le paquet d’hiver, attendu par les députés avec impatience, pour revoir à la hausse les ambitions de l’UE en matière d’efficacité énergétique et d’énergies renouvelables.

Seuls des députés de l’extrême-droite (ENL) et des députés britanniques ELDD ont parlé d’un échec, tandis que ceux de la GUE/NGL se sont dits déçus par le manque de résultats concrets, notamment en faveur des pays les plus pauvres et les plus vulnérables aux dérèglements climatiques.

« La COP 22 visait à lancer la mise en œuvre de l'Accord de Paris », a rappelé,  au nom du Conseil, Ivan Korčok, et c'est, selon lui, chose faite, notamment  pour le cadre de transparence, le mécanisme d'adaptation et le registre d'adaptation, l'inventaire mondial des progrès et le mécanisme de conformité. Sans compter que des préparatifs seront lancés pour le dialogue facilitateur de 2018, et que des progrès ont été faits pour accroître la transparence à l'horizon 2020, réviser le mécanisme de Varsovie et renforcer les capacités des pays en développement.

Il a souligné qu'« un an seulement après Paris, un nouveau tournant » avait été pris. Le 18 novembre, 112 parties avaient ratifié l'accord, dont l'UE et 16 États membres de l'UE a-t-il précisé.

En réponse aux attentes des députés, il s'est déclaré heureux que le débat soit allé au-delà d'un simple état des lieux. Remerciant le Parlement pour sa bonne coopération l'an dernier, il a déclaré : « En 2016, les efforts du Conseil ont abouti. Les Présidences maltaise et estonienne feront preuve de la même détermination ». Et de formuler l'espoir « qu'un accord sur la réforme à long terme de l'ETS sera encore possible avant la fin de l'année », sous présidence slovaque.

De l'avis de Miguel Arias Cañete, une déclaration commune pour la transition de l'économie mondiale avec une véritable ambition, l'accord sur une feuille de route pour la finalisation des règles de mise en oeuvre en 2018, des centaines de millions de dollars promis d'ici à 2020, ce n'est pas rien. « Plusieurs États membres ont annoncé de nouvelles contributions au Fonds vert pour le climat et se sont engagés pour le mécanisme visant à traiter les pertes et les dommages ».

Le commissaire s'est aussi félicité des nombreuses actions des villes, ONG et autres acteurs non gouvernementaux, ainsi que du lancement du Partenariat pour l’action mondiale qui traduira l'Accord de Paris (EUROPE 11668).

« De retour de Marrakech, le travail ne s’arrête pas. La Chine est plus déterminée que jamais. Nous allons renforcer la coopération internationale. Je travaillerai avec la Présidence allemande du G20 pour l'application de l’Accord de Paris », a-t-il déclaré. Il s'est dit prêt à travailler avec le Parlement pour progresser sur les législations déjà sur la table. Insistant sur « les opportunités qu'offre l'Accord de Paris de moderniser nos marchés du travail et de l'emploi », il a ajouté  « nous allons présenter un paquet sur une économie propre pour toute l'Europe qui permettra de mettre en place un cadre cohérent avec les objectifs 2030 »

Au nom du groupe PPE, Giovanni La Via (italien) a estimé que la COP 22 avait permis « de passer des paroles aux actes » et que la déclaration de Marrakech, signe de solidarité et de continuité, témoignait d'un processus irréversible. « La transition vers l'énergie propre a déjà commencé », a-t-il dit. Jo Leinen (S&D, allemand), rappelant que 48 pays de la COP se sont engagés pour 100% d'énergies renouvelables et une stratégie à l'horizon 2050, a plaidé pour une amélioration de l'efficacité énergétique et des renouvelables dans le paquet d'hiver, et s'est demandé ce que l'UE aura à offrir en 2018 (COP 24, Pologne) où il conviendra de vérifier où en sont les promesses.

Au nom du groupe CRE, Julie Girling (britannique) s'est réjouie qu'en dépit de l'impact de l'élection de Donald Trump, la COP 22 ait réussi à confirmer l'engagement des États Parties, en particulier celui d'aider les pays en développement, « qui devraient progresser avec la coalition des pays les plus ambitieux »

Gerben Jan Gerbrandy (ADLE, néerlandais) a remercié le commissaire Cañete d'avoir « amélioré les relations avec le ministre chinois » dont la détermination à agir « adresse à Washington le message d'un processus irréversible ». Le député a toutefois fait observer que « la Chine investit deux fois et demi plus que l'Europe et, par rapport à son PIB, c'est même quatre fois plus ».

Estefania Torres Martinez (GUE/NGL, espagnole), très critique à l'égard du commissaire Cañete, a estimé que l'UE avait eu peu de poids dans les négociations. « Vous êtes lié à l'industrie pétrolière et du BTP. Êtes-vous à la hauteur, éthiquement ? », a-t-elle dit. Volant au secours du commissaire, Claude Turmes (Verts/ALE, luxembourgeois), a vanté, au contraire, les qualités « d'excellent négociateur » du commissaire. Il a toutefois estimé que M. Cañete « aura du mal en 2018 », lors du rendez-vous de la COP 24 « à cause du véto de Cameron au Conseil »

Marco Affronte (ELDD, italien) a appelé l'UE à « être particulièrement ambitieuse et à  respecter l'objectif de 1,5 degré ». « Il faut  qu'elle se dote d'une stratégie 2050 et  qu'elle renonce aux milliards de subventions aux énergies fossiles », a-t-il dit. Roger Helmer (ELDD, britannique) a estimé, lui, que les participants à la COP 22, n'avaient fait  que « prendre des avions »  pour se « mettre d'accord pour discuter ». Selon lui, « L'Accord de Paris est mort de sa belle mort ». (Aminata Niang)

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