Le commissaire aux Négociations d’élargissement, Johannes Hahn, a annoncé, mercredi 9 novembre, en présentant le paquet 'élargissement' 2016, que la Commission continuait de recommander l’ouverture des négociation d’adhésion avec l’Ancienne République yougoslave de Macédoine (ARYM), à condition que le pays mette en œuvre, en entier, l’accord politique de juin et juillet 2015 et entreprenne les réformes prioritaires urgentes.
Devant la commission des affaires étrangères du Parlement européen, M. Hahn a souligné que l’ARYM n’était pas encore sortie de la crise politique interne « malgré des pas en avant récemment ». « Il faut que les dirigeants surmontent la crise et s'attaquent aux problèmes systémiques. Il faut des élections parlementaires crédibles (prévues pour le 11 décembre) et mettre en œuvre les réformes prioritaires », a-t-il ajouté. Dans son rapport de suivi 2016, la Commission estime que la démocratie et l’État de droit ont été « constamment mis à l’épreuve ». « Le pays souffre d'une culture politique de division et d'un manque de capacité de compromis », regrette-t-elle.
L’ARYM a fait des progrès limités dans la réforme de l’administration publique. « En outre, le manque d'engagement politique à réaliser les réformes nécessaires dans la gestion des finances publiques a conduit à une réduction significative de l'aide financière de l'UE en 2016 », rappelle la Commission. « Les réalisations du processus de réforme du système judiciaire de la décennie précédente ont été sapées par une ingérence politique récurrente dans le travail du pouvoir judiciaire », ajoute la Commission qui demande de « s'attaquer efficacement au manque d'indépendance du pouvoir judiciaire et d'empêcher une justice sélective ». La situation n’est guère meilleure dans la lutte contre la corruption. « Les lacunes structurelles de la Commission d'État pour la prévention de la corruption et l'ingérence politique dans ses travaux ont minimisé l'impact des efforts passés », révèle le rapport.
De même, la situation interethnique est restée fragile et le pays doit encore faire des efforts, dans la pratique, pour assurer le respect des droits de l'homme des groupes vulnérables.
« La 'question du nom' doit être résolue « d'urgence », souligne aussi la Commission. (Camille-Cerise Gessant)