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Bulletin Quotidien Europe N° 11655
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Russie

Le Parlement dénonce la faiblesse du Conseil européen dans sa réponse aux actions russes en Syrie

Les députés européens ont dénoncé, mercredi 26 octobre, lors d’un débat en session plénière, la faiblesse du Conseil européen face à la Russie, en particulier concernant ses actions en Syrie. Lors de leur sommet les 20 et 21 octobre, les dirigeants européens ont mentionné qu'ils étaient prêts à considérer « toutes les options » possibles à l'encontre des soutiens au régime syrien, dont la Russie, si les atrocités se poursuivaient, sans pour autant mentionner ouvertement la possibilité d'adopter des mesures restrictives supplémentaires et encore moins décider d'en prendre (EUROPE 11651).

« Il faut que le Conseil européen prenne ses responsabilités. L’Europe perd de plus en plus d'importance au niveau international », a regretté la Néerlandaise Sophia in't Veld pour l’ADLE. « Nous risquons de perdre les possibilités de mettre fin aux bombardements, il faut des décisions, une action rapide, exercer une pression sur M. Poutine », a-t-elle ajouté. Une opinion partagée par de nombreux députés, dont Syed Kamall (britannique) au nom du CRE. « Nous avions besoin d’un sommet d’actions et de clarté, de fermeté et de détermination et ce n’est pas ce que nous avons eu. Chaque action a ses conséquences, mais l’inaction a aussi ses conséquences », a-t-il expliqué. Il a estimé que les sanctions économiques commençaient à avoir un effet sur Moscou, et qu’il en fallait davantage. « On aurait dû en poser davantage et envisager tous les instruments possibles, si nous voulons être crédibles nous devons avoir recours à tous les instruments à notre disposition et toutes les sanctions envisageables », a-t-il expliqué.

« Chaque jour, des centaines de milliers de personnes sont prises sous les bombes à Alep. Il existe plusieurs options que nous pourrions utiliser pour accroître la pression sur le gouvernement russe. Le seul langage que comprend Poutine est la force. J’attends plus de force du Conseil européen », a souligné le président du groupe PPE au PE, l'Allemand Manfred Weber, regrettant que Moscou ait eu de l’influence sur certains États membres. Victor Bostinaru (S&D, roumain) a ajouté sa voix aux nombreuses critiques à l'adresse des dirigeants européens : « Le Conseil européen doit parler d’une seule voix de la nécessité de protéger les civils, cela doit hanter la conscience de chacun d’entre nous ». « Il est impardonnable d’assister à ces horreurs et de faire si peu, de s’en tenir à des paroles », a-t-il ajouté, ajoutant qu’il fallait mettre de côté les hésitations contre la Russie pour lutter contre les crimes de guerre.

En conclusion du débat, le président du Conseil européen, Donald Tusk, a révélé aux députés qu’il avait soutenu une position plus dure envers Moscou. Il a d'ailleurs remercié les présidents des groupes PPE, ADLE et Verts/ALE au Parlement européen pour leur lettre demandant des mesures supplémentaires, précisant qu’elle avait servi de soutien à sa position (EUROPE 11649). (Camille-Cerise Gessant)

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