L'Alliance for Lobbying Transparency and Ethics Regulation (ALTER-EU) a déposé formellement, jeudi 29 septembre, une plainte contre la Commission européenne, l'accusant d'avoir trop peu agi dans les récentes affaires de ‘pantouflages’ impliquant d’anciens commissaires européens.
Cette organisation demande notamment à la Commission Juncker de porter l’affaire Barroso devant la Cour de justice de l’UE afin que celle-ci lui retire son droit à une pension de retraite. José Manuel Barroso est la cible de vives critiques depuis sa nomination au sein de la Banque américaine Goldman Sachs International (EUROPE 11621).
ALTER-EU dépose une plainte pour 'mauvaise administration' en raison de l’absence de réaction de la Commission au sujet des postes controversés occupés, après leur passage à la Commission, par Neelie Kroes (Uber, en mai 2016 et Salesforce) et Karel De Gucht (ArcelorMittal, en mai 2016).
Il est demandé, en outre, une révision profonde du code de conduite des commissaires (dont une période de mise en retrait de trois ans et même de cinq ans pour les présidents de la Commission) et de sanctionner Neelie Kroes après les révélations du ‘Bahamas Leaks’ (EUROPE 11630). Selon ALTER-EU, tout porte à croire que les actions de Mme Kroes constituent une violation des règles éthiques des commissaires et « nous demandons que des sanctions soient appliquées ». L'ancienne commissaire à la Concurrence de 2004 à 2009 aurait été, pendant son mandat, directrice d'une société aux Bahamas. Or, elle n’a pas signalé cette fonction dans sa déclaration d’intérêts.
Enfin, une plainte a été déposée pour mauvaise administration concernant la nomination de deux conseillers spéciaux de la Commission au sein du comité d'éthique ad hoc. (Lionel Changeur)