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Bulletin Quotidien Europe N° 11635
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ACTION EXTÉRIEURE / Tunisie

La Commission présente un programme d'appui «substantiel» aux réformes, à la sécurité et à la jeunesse

La Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, et le commissaire à la Politique de voisinage, Johannes Hahn, ont présenté, jeudi 29 septembre, leur programme d’appui à la Tunisie.

« En cette période critique que la région tout entière connaît actuellement, l'UE doit encore mieux adapter son action à la transition tunisienne », affirme un communiqué. Cela, en plus d’une « augmentation substantielle » des appuis concédés au cours des deux dernières années, « notamment dans les domaines de la coopération, du commerce, de l’industrie, de l'éducation, de la recherche et de la lutte contre le terrorisme ».

L’offre consiste en une aide accrue au « peuple tunisien » pouvant atteindre 300 millions d’euros et l’accélération des diverses négociations programmées. M. Hahn espère conclure un accord de libre-échange complet et approfondi (ALECA) avant fin 2019 et faire bénéficier la Tunisie d’un accord de facilitation des visas. Une autre priorité sera l’amélioration du cadre d’accueil des investissements qui présente, actuellement, des « lacunes ». M. Hahn sera à la conférence internationale d’appui à la Tunisie, le 29 novembre à Tunis. Le Président tunisien sera à Bruxelles quelques jours après. La coopération dans le domaine de la sécurité sera centrale, ont dit Mme Mogherini et M. Hahn qui a rappelé que 14 millions d’euros sont déjà affectés à la formation de policiers. La mobilité et l’immigration sont deux priorités supplémentaires.

L’UE prendrait ainsi l‘option « stratégique » de concourir au renforcement du soutien international à un pays qui fait face à de nombreux problèmes dans une région en difficulté, en sus de ses problèmes spécifiques. L’UE, selon Mme Mogherini, entend en faire, en quelque sorte, une ‘vitrine démocratique’ dans son voisinage.

En plus des 300 millions d’euros d’aide non remboursable, « une aide supplémentaire » consistant en des prêts « devrait être obtenue auprès des institutions financières européennes, qui pourraient mobiliser environ 800 millions d'euros par an d'ici 2020 », indique la Commission. Cela ne ferait que maintenir le pays la tête hors de l’eau sans le sortir de la crise, ne dément pas Mme Mogherini, interrogée sur ce point, et on se rappelle que le Parlement européen (13 septembre) a estimé qu’un véritable 'plan Marshall' était requis, en plus de la suggestion de reconvertir l’énorme dette tunisienne. « C’est pourquoi nous nous concentrons sur la jeunesse ». Cela signifie  « investir sur le futur et répondre en même temps à l’urgence sociale », ce qui n’est pas sans lien avec la sécurité, a-t-elle dit.

L’appui visera aussi à accentuer les réformes – jugées lentes à Bruxelles – et à éviter la dégradation des services au public, a expliqué M. Hahn pour qui l’argent concédé n’a certes pas de contrepartie directe (remboursement), mais dans l’engagement à asseoir la stabilité et, à réduire le chômage. Une contrepartie essentielle. « Cela implique de collaborer avec une société civile tunisienne dynamique, de promouvoir la bonne gouvernance à travers la modernisation de l'administration publique tunisienne, de soutenir la réforme du secteur de la sécurité, de renforcer les services publics de base et de combattre la corruption », indique un communiqué en présentation de la communication adoptée ce jour par la Commission. (Fathi B'Chir)

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