Bruxelles, 13/07/2016 (Agence Europe) - Le leader du groupe libéral au Parlement européen, Guy Verhofstadt, a présenté son projet de rapport sur une future architecture institutionnelle pour l'Union européenne, mardi 12 juillet en commission affaires institutionnelles du PE.
L'objectif de l'ancien premier ministre belge est de permettre à l'Union de se concentrer sur les domaines où celle-ci apporte une réelle valeur ajoutée telle que « la politique étrangère et de défense, la lutte contre le terrorisme, l'immigration et l'économie », indique un communiqué du groupe ADLE.
M. Verhofstadt propose notamment de réduire la taille de la Commission européenne « à maximum 15 ministres européens » alors que celle-ci compte désormais 28 commissaires, comme le nombre d'États membres. « Nous n'avons pas besoin de 28 commissaires pour lesquels il est difficile de trouver 28 portefeuilles », estime M. Verhofstadt. Selon lui, la Commission ne comprendrait que deux vice-présidents, l'une pour les affaires étrangères et l'autre pour l'économie et les services financiers.
Une tentative de réduire la taille du Collège des commissaires européens avait échoué lorsque les Irlandais avaient rejeté en 2008 la ratification du traité de Lisbonne. L'Irlande avait alors négocié que chaque État membre conserve un commissaire de sa nationalité.
Afin de combattre le penchant des États membres pour une 'Europe à la carte' basée sur la possibilité de déroger à certaines politiques européennes, le leader libéral opte pour deux types de relation contractuelle entre les États membres et l'Union: « une appartenance à part entière » et « un statut d'associé ». « Ce nouveau cadre pourrait aussi être utilisé comme cadre pour la coopération future entre le Royaume-Uni et l'Union », indique M. Verhofstadt.
Sur la gouvernance économique, l'élu belge propose un « code de convergence » énonçant des normes socio-économiques minimales dans des domaines tels que le marché du travail et les retraites. Selon lui, les États membres s'engageant dans de vraies réformes pourraient en contrepartie bénéficier d'un système de mutualisation de la dette souveraine qui leur permettrait d'emprunter à coût réduit. « Le Pacte de stabilité et de croissance basé sur des amendes a montré ses limites. Nous devrions le compléter avec une démarche plus positive à travers laquelle les États seraient encouragés à mettre en oeuvre les réformes nécessaires », considère M. Verhofstadt. Mardi, le Conseil Ecofin avait ouvert la voie à l'imposition de sanctions à l'Espagne et au Portugal pour non respect des règles budgétaires européennes. (Mathieu Bion)