Bruxelles, 13/07/2016 (Agence Europe) - À l'image de leurs divergences de vues sur l'épineuse question des différends territoriaux impliquant la Chine en mer de Chine méridionale, l'UE et la Chine ont difficilement progressé, lors de leur sommet bilatéral, mardi 12 et mercredi 13 juillet à Pékin, vers une compréhension commune des questions de politique internationale et de défis globaux.
« Nous sommes venus ici pour discuter des défis communs d'une manière ouverte et amicale. Il n'est pas toujours facile d'avoir de telles discussions parce que les enjeux sont élevés et des différences réelles persistent. Mais nous avons fait des progrès notamment grâce à l'ouverture et à l'approche du président chinois, Xi Jinping, et du Premier ministre, Li Keqiang. Nous avons eu un bon sommet ici », a commenté le président du Conseil européen, Donald Tusk, à l'issue des travaux.
« Nous avons discuté de l'importance de la coopération internationale sur la base de règles. Un ordre mondial fondé sur des règles communes est dans notre intérêt mutuel, mais nous avons clairement des différences de vues dans ce que cela signifie dans la pratique », a-t-il reconnu.
Mercredi, M. Tusk a réaffirmé la pleine confiance de l'UE dans le processus d'arbitrage de la Cour de La Haye sur le différend territorial entre la Chine et les Philippines en mer de Chine méridionale - dont le verdict a conclu que la Chine n'avait pas de « droits historiques » justifiant ses prétentions de souveraineté en mer de Chine méridionale - et que l'UE continuerait à se prononcer en faveur du droit international.
La Chine a prévenu mercredi qu'elle prendrait toutes les mesures nécessaires pour protéger sa souveraineté en mer de Chine méridionale, n'excluant pas d'aménager une zone de défense aérienne.
Par ailleurs, le sommet de Pékin a permis de faire progresser l'agenda du partenariat stratégique UE/Chine, les dirigeants des deux parties ayant en particulier fourni des orientations politiques en vue de la conclusion des négociations pour un accord bilatéral sur l'investissement (EUROPE 11587) et signé une feuille de route pour un partenariat énergétique (EUROPE 11584).
Dirigeants européens et chinois se sont aussi entendus sur la tenue d'une autre session du dialogue UE/Chine sur les droits de l'homme avant la fin de l'année. « Il ne fait aucun doute qu'il ya des désaccords sur cette question. Mais je me félicite que la Chine soit prête à s'engager », a commenté M. Tusk.
À la veille du sommet du G20 de Hangzhou, début septembre, dirigeants européens et chinois sont convenus de lutter contre la crise des migrations au niveau mondial.
Enfin, l'UE a exprimé son souhait de coopérer étroitement avec la Chine sur les dossiers prioritaires en matière de politique étrangère, incluant la Syrie, l'Irak, l'Afghanistan et l'Afrique, et sur les défis mondiaux, tels que l'aide au développement et la lutte contre le changement climatique. (Emmanuel Hagry)