Bruxelles, 13/07/2016 (Agence Europe) - Le deuxième semestre 2016 sera relativement calme au Conseil en matière de santé publique. Devant les eurodéputés le 12 juillet, le ministre slovaque de la Santé, Tomás Drucker, a indiqué qu'il donnerait la priorité à l'accès aux médicaments innovants, la résistance aux antimicrobiens et les maladies non transmissibles.
La présidence slovaque du Conseil de l'UE hérite en effet de peu de dossiers législatifs, vu le récent accord sur les dispositifs médicaux (EUROPE 11559). En outre, les propositions législatives sur les perturbateurs endocriniens seront discutées par la formation 'Environnement' du Conseil et celles sur les médicaments vétérinaires, par la formation 'Agriculture et pêche'. La Commission, de son côté, n'a pas l'intention de présenter de nouvelles propositions législatives dans ce domaine de compétences partagées.
Dans ce contexte, la présidence slovaque a l'intention de poursuivre les travaux entamés sous présidence néerlandaise sur la disponibilité des médicaments, vu les prix exorbitants de certains médicaments innovants. « Nous voulons jeter les bases d'une coopération entre États membres et avec l'industrie pharmaceutique. Nous devons être ambitieux, même si nous devons être conscients que l'industrie rencontre aussi des obstacles pour la mise sur le marché », a indiqué M. Drucker, avant de s'interroger sur le statut de marchandise des médicaments. Interrogé par le socialiste français Gilles Pargneaux, le ministre a indiqué qu'il n'avait pas l'intention de relancer les discussions sur la transparence des prix des médicaments après le retrait par la Commission de sa proposition du même nom. « Il est clair que la fixation des prix des médicaments est un enjeu et que la transparence n'est pas toujours au rendez-vous. C'est l'Agence européenne des médicaments - l'EMA - qui est responsable de l'autorisation de mise sur le marché d'un produit », a répondu le ministre. Et d'ajouter: « On pourrait imaginer que l'EMA suive des règles moins strictes pour permettre un accès plus rapide aux nouveaux médicaments. Ce sont des pistes de réflexion, mais nous n'avons pas prévu d'adopter des mesures spécifiques sur ces questions », a-t-il conclu.
Parmi ses autres priorités, la présidence slovaque cite la résistance aux antimicrobiens et les maladies non transmissibles. Lors du groupe de travail le 15 juillet, la Slovaquie devrait d'ailleurs proposer de lancer une discussion sur un cadre politique intégré relatif à la tuberculose, le VIH et l'hépatite C dans le cadre du programme de santé à l'horizon 2020. Bratislava n'oublie pas non plus de mentionner la démence et le surpoids. « En ce qui concerne la prévalence du surpoids et de l'obésité, je pense qu'on peut vraiment parler d'épidémie aujourd'hui. La composition des produits alimentaires est un élément important pour réduire les facteurs de risque et nous allons encourager les États membres à y travailler », a indiqué M. Drucker. « La présidence slovaque va évaluer la question des acides gras trans d'ici à la fin de l'année », a-t-il ajouté, avant de préciser, en réponse à la question d'un député, qu'il n'avait pas, par contre, l'intention de se pencher sur l'étiquetage nutritionnel. « Les États membres ont le droit d'étiqueter les produits s'ils le souhaitent. Donc la situation est satisfaisante pour nous », a-t-il indiqué. Le ministre a en outre assuré qu'il ferait de son mieux pour que l'UE parvienne à une position commune en vue de la conférence des parties à la Convention-cadre de l'OMS pour la lutte anti-tabac qui se déroulera du 7 au 12 novembre 2016 en Inde.
À noter qu'une seule députée a abordé les propositions présentées le 15 juin dernier sur les perturbateurs endocriniens (EUROPE 11575 et 11573). Michèle Rivasi (Verts/ALE, française) a en effet demandé au ministre à quel camp il appartenait, celui de la Commission ou du Parlement. Une question à laquelle le ministre slovaque a, sans surprise, botté en touche.
Agenda:
20-21 septembre: conférence à Bratislava sur la prévention des facteurs de risque pour une meilleure alimentation
3-4 novembre: réunion informelle des ministres de la Santé
29 novembre: conférence à Bratislava sur la maladie d'Alzheimer, axée sur les aspects scientifiques, médicaux et sociaux de la démence.
9 décembre: Conseil Santé à Bruxelles. (Sophie Petitjean)