Bruxelles, 13/07/2016 (Agence Europe) - Dans le secteur touristique, les fonds structurels et d'investissement (fonds ESI) et les instruments financiers auraient tendance à profiter avant tout aux projets en zones urbaines au détriment des zones rurales, ont constaté les députés du Parlement européen, lors d'un débat sur l'accès aux fonds européens organisé par la commission des transports, mardi 12 juillet.
Les critiques ont porté notamment sur le fonds européen de développement régional (FEDER), qui prévoit un budget de 9 milliards d'euros spécifiquement pour le tourisme. Plusieurs élus ont constaté une ventilation asymétrique des fonds entre les zones rurales et urbaines au profit de ces dernières, à l'instar de Jill Evans (Verts/ALE, britannique) ou encore Deirdre Clune (PPE, irlandaise).
Un constat que n'a pas réfuté Colin Wolfe, chef d'unité du centre de compétence 'Croissance intelligente et durable' de la direction générale de la politique régionale et urbaine. Il a lui-même reconnu l'existence de telles différences, sans pouvoir donner d'explications « objectives » à cet état de fait. Il faudra, selon lui, faire un bilan avec les autorités régionales pour en comprendre les raisons.
En revanche, l'analyse n'est pas partagée pas Miguel Gil-Tertre, membre du cabinet du vice-président de la Commission, Jyrki Katainen, qui s'est dit « positivement surpris » des résultats obtenus dans le cadre du Fonds européen pour les investissements stratégiques (FEIS). Pour lui, il est nécessaire de mutualiser les projets pour maximiser l'impact du plan Juncker. Il a souligné deux grandes faiblesses des programmes européens, à savoir le manque de communication et la complexité des règles.
Le Plan Juncker continue de marquer des progrès. Pour autant, nombreuses sont les collectivités territoriales qui s'inquiètent des inégalités de traitement générées, ce plan profitant principalement aux régions les mieux dotées en ressources humaines et financières (EUROPE 11591, 11493).
Plus globalement, le président de la commission des transports du PE, l'Allemand Michael Cramer (Verts/ALE), a regretté l'absence de lignes budgétaires spécifiquement dédiées au tourisme, ce qui aurait permis une meilleure lisibilité pour les acteurs du secteur. M. Wolfe lui a répondu qu'il était difficile de dégager une ligne claire consacrée au tourisme. Et pour cause: les investissements du secteur touristique sont étroitement intriqués avec d'autres postes de financement, dans les transports et les infrastructures. (Pascal Hansens)