Bruxelles, 29/04/2016 (Agence Europe) - Les députés européens appellent à davantage de reconnaissance pour le travail domestique et les soins aux personnes à l'échelle de l'UE. Dans une résolution non législative adoptée jeudi 28 avril, ils réclament notamment une directive sur le congé des aidants ainsi qu'un cadre pour la reconnaissance du statut d'auxiliaire de vie et de garde d'enfants non professionnel.
Le travail domestique est défini par l'Organisation internationale du travail (OIT) comme le travail effectué au sein de ou pour un (ou plusieurs) ménage(s). Il n'existe par contre pas de définition officielle des auxiliaires de vie, terme qui recouvre les personnes qui fournissent plus ou moins systématiquement une aide et des services à des personnes âgées, des personnes handicapées ou malades. Dans la plupart des États membres de l'Union, le travail domestique et les soins aux personnes ne sont pas couverts par le droit du travail et ne sont pas déclarés, ce qui ouvre la porte aux discriminations, aux mauvais traitements, voire aux abus et à la violence.
Le rapport, rédigé par l'eurodéputée de la GUE/NGL Kostadinka Kuneva (grecque), a été adopté par 279 voix pour et 105 contre. Une vingtaine de paragraphes et considérants ont toutefois été rejetés avant le vote final, sur demande de députés PPE ou CRE.
Concrètement, la Commission est priée de présenter urgemment un cadre pour la reconnaissance du statut d'auxiliaire de vie et de garde d'enfants non professionnel, et ce afin d'offrir aux employés une rémunération et des normes minimales de protection sociale ainsi qu'un soutien en matière de formation et des aides spécifiques en vue d'améliorer leurs conditions de vie et de travail. Les États membres, eux, sont invités à établir un cadre juridique spécifique permettant l'emploi légal et organisé des employés de maison, auxiliaires de vie et gardes d'enfants. Selon les députés, ce cadre devrait définir les droits et obligations des personnes concernées afin de garantir la sécurité juridique tant aux travailleurs du secteur qu'à leurs employeurs potentiels. Les États membres sont également invités à inclure les employés de maison, auxiliaires de vie et gardes d'enfants dans toutes les législations nationales en matière de travail, de soins de santé, d'aide sociale, d'assurance et de lutte contre les discriminations, en reconnaissant la contribution qu'ils apportent à l'économie et à la société. Cela signifie notamment que ces travailleurs devraient aussi cotiser à un régime de retraite conformément à la législation nationale. « Le Parlement européen est conscient de la réticence de certains États membres », indiquent les députés. (Sophie Petitjean)