Bruxelles, 18/04/2016 (Agence Europe) - Les représentants des créanciers institutionnels de la Grèce sont de retour à Athènes en vue de reprendre, mardi 19 avril, les négociations avec les autorités grecques sur l'ampleur des mesures que la Grèce devra appliquer en vue de respecter ses objectifs budgétaires.
Après des discussions « constructives » en marge des réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale à Washington, les chefs de mission des 'institutions' (Commission, BCE, FMI, MES) retournent à Athènes aujourd'hui et demain avec pour « objectif de conclure aussi vite que possible » la première mission de suivi du 3ème plan de sauvetage grec, a confirmé le porte-parole de la Commission européenne, Margaritis Schinas, lundi 18 avril. Faisant état de « progrès » dans les négociations, il a estimé que « l'élan » observé devait être maintenu en vue de finaliser un paquet de réformes qui soit « cohérent, économiquement efficace, socialement juste et financièrement équilibré ».
Le doute demeure sur la capacité des négociateurs à trouver un accord au niveau technique qui serait validé politiquement par l'Eurogroupe, vendredi 22 avril à Amsterdam. Pour ce faire, devraient d'ici là être finalisés - voire même adoptés - les réformes des retraites et de l'impôt sur le revenu ainsi que le traitement des prêts bancaires non performants. Convaincus qu'un accord est possible dans un délai relativement rapide, les Européens insistent sur l'importance de respecter l'objectif d'excédent budgétaire primaire (avant service de la dette) de 3,5% du PIB en 2018. « Les objectifs budgétaires fixés l'été dernier pour la période allant jusqu'à 2018 doivent être respectés », a souligné M. Schinas. Le FMI est, au contraire, d'avis que cet objectif est irréaliste et requiert un allègement substantiel de la dette grecque pour prendre part au 3ème plan de sauvetage.
Vendredi 15 avril, l'administration grecque a indiqué que le budget de l'État avait enregistré un excédent budgétaire primaire de 2,68 milliards d'euros au 1er trimestre 2016 alors que l'objectif fixé sur cette période était proche d'1,1 milliard d'euros.
Plusieurs médias internationaux évoquaient, lundi, l'hypothèse d'un paquet de mesures d'économies de l'ordre de 3 milliards d'euros à appliquer si l'objectif budgétaire n'est pas atteint. Forcément impopulaires, de telles mesures devraient passer l'obstacle du Parlement grec où la coalition au pouvoir emmenée par Syriza dispose d'une majorité ténue, de 153 sièges sur 300. (Mathieu Bion)