Luxembourg, 18/04/2016 (Agence Europe) - Le ministre des Affaires étrangères français a estimé, lundi 18 avril, à son arrivée au Conseil à Luxembourg et de retour de Libye, qu'il fallait « donner au gouvernement libyen toutes les chances de réussir ». Tout comme plusieurs de ses homologues, M. Ayrault a ainsi assuré le gouvernement d'entente nationale libyen de son soutien, donner les moyens au gouvernement de réussir étant, selon lui, « l'enjeu » de la réunion ministérielle qui était toujours en cours à l'heure où nous mettions sous presse.
Le soutien européen devait être discuté lundi 18 avril dans la soirée, lors d'une session de travail entre ministres européens des Affaires étrangères et de la Défense, en visioconférence avec le Premier ministre Fayez al-Sarraj, puis lors d'un dîner.
À son arrivée, le ministre français a ainsi souligné qu'il fallait « absolument » que le gouvernement « puisse se mettre au travail dans les meilleures conditions de sécurité ». Il a estimé qu'un appui politique des Libyens, dont le Parlement, mais aussi de la communauté internationale, était « indispensable pour assurer la stabilité en Libye, la sécurité des Libyens, mais aussi la sécurité des frontières ». M. Ayrault a aussi mis en avant le problème migratoire et la lutte contre les passeurs et les trafics d'armes ou encore la lutte contre Daech. De plus, pour le chef de la diplomatie française, « la Libye a besoin d'une aide d'urgence, d'organiser ses forces de sécurité, de police, de réorganiser son armée, ses garde-frontières, ses garde-côtiers ». Les Européens pourraient mettre en place une mission PSDC civile pour la réforme de son secteur de la sécurité et de la justice et l'UE pourrait réactiver sa mission d'assistance aux frontières, EUBAM, actuellement en Tunisie.
À son arrivée au Conseil, la Haute Représentante pour les Affaires étrangères, Federica Mogherini, a précisé que l'UE travaillait pour « identifier des projets concrets dans les différents domaines » prioritaires pour les Libyens: « sur le plan économique, sur le plan politique et du côté de la sécurité ».
Le ministre néerlandais des Affaires étrangères, Bert Koenders, s'est cependant montré prudent, prévenant que, si plusieurs éléments étaient en préparation, « la chose la plus importante est de ne rien faire qui soit contre-productif ». Selon plusieurs sources, il est important que la population libyenne soutienne les actions de son gouvernement.
Autre preuve du soutien européen, les chefs de la diplomatie italienne, allemande, française et britannique se sont rendus à Tripoli ces derniers jours. Leur homologue espagnol a précisé vouloir bientôt s'y rendre. Pour sa part, Mme Mogherini n'a pas encore annoncé de visite sur place. (Camille-Cerise Gessant)