Amsterdam, 14/04/2016 (Agence Europe) - Les ministres des Transports des États membres de l'UE ont signé, jeudi 14 avril, la « déclaration d'Amsterdam » dont l'objet premier est d'assurer l'essor des véhicules connectés et autonomes à l'horizon de 2019, lors de leur réunion informelle à Amsterdam avec les ministres de l'Environnement (voir autre nouvelle).
La déclaration est divisée en cinq grandes parties: - les objectifs partagés pour poser un cadre législatif européen et cohérent ; - un plan commun sur la base de ces objectifs ; - les actions à entreprendre au niveau des États membres, dont l'instauration d'un dialogue informel de haut niveau ; - les actions que va entreprendre la Commission européenne, qui est appelée à développer une stratégie européenne basée sur ladite déclaration ; - la partie destinée à l'industrie.
Cette déclaration « est une étape très importante pour l'introduction de ces nouvelles technologies (…) qui bouleverseront le secteur des transports », s'est félicitée la commissaire aux Transports, Violeta Bulc, particulièrement active sur le sujet des transports 'intelligents' (EUROPE 11474 et EUROPE 11404). Pour elle, tout l'enjeu est d'éviter une fragmentation du cadre juridique relatif à ces technologies.
La Commission travaille actuellement au développement d'un plan d'action, notamment dans le cadre de la plateforme C-ITS pour le déploiement des transports 'intelligents' ('Cooperative Intelligent Transport Systems platform'), a-t-elle dit. Elle a ainsi énoncé les domaines où il était nécessaire d'avoir une coordination européenne, comme l'interopérabilité, la sécurité routière et la cybersécurité. La Commission y travaille, « sans pour autant (vouloir) tout normaliser, afin de laisser de la place à l'innovation », a-t-elle tenu à souligner.
Interrogée par EUROPE sur les éventuelles conséquences sociales que pourrait provoquer l'essor de ces technologies, Mme Bulc a préféré voir le verre à moitié plein, en indiquant que les voitures autonomes permettront, par exemple, à de nombreuses personnes à mobilité réduite de gagner leur indépendance et accéder ainsi plus facilement aux marchés du travail.
De son côté, le secrétaire général de l'association des constructeurs automobiles européens (ACEA), Erik Jonnaert, invité à prendre la parole devant les ministres, a salué cette initiative. « C'est la première fois qu'une décision politique est prise à l'échelon européen » dans ce domaine, a-t-il dit. Pour lui, « la technologie est là (et) nous devons maintenant la déployer », car son potentiel économique n'est pas négligeable. Il a estimé toutefois qu'il existait « encore de nombreux défis réglementaires à relever ».
Répondant à EUROPE sur les obstacles qui entravent aujourd'hui l'essor de ce secteur, M. Jonnaert a cité le cas du premier essai d'un convoi automatisé de camions au début du mois (EUROPE 11528). Celui-ci a été confronté à de longs et fastidieux processus d'autorisations État par État, où les normes de sécurité divergent, notamment pour ce qui est de la distance entre les véhicules. (Pascal Hansens)