Amsterdam, 14/04/2016 (Agence Europe) - Par leur réflexion liminaire commune, les ministres européens de l'Environnement et des Transports, réunis jeudi 14 avril à Amsterdam, capitale européenne 2016 de l'innovation, ont appelé de leurs voeux une approche européenne de la mobilité verte, intelligente et sobre en carbone du futur. Tous les ministres ont remercié Sharon Dijksma, ministre néerlandaise des Infrastructures et de l'Environnement, d'avoir eu « l'initiative heureuse » de cette discussion commune (EUROPE 11531).
Dans leur premier échange de vues sur les solutions de mobilité verte et durable, les ministres de l'Environnement ont examiné les moyens d'accélérer et de généraliser la transition vers des véhicules et des carburants propres, pour réduire les émissions de CO2 du transport routier en favorisant le déploiement, dans les États membres, des technologies innovantes. Celles-ci ne manquent pas.
Tous les ingrédients d'une mobilité verte ont été discutés: les technologies automobiles innovantes, comme les véhicules autonomes hautement automatisés déjà testés aux Pays-Bas, les types de carburants, la gestion de la demande de mobilité pour mieux l'organiser en concentrant les efforts sur les zones les plus problématiques (la mobilité urbaine), mais aussi les secteurs critiques - non seulement les voitures particulières, mais aussi les véhicules utilitaires légers, les poids lourds, les moteurs à combustion qu'il convient de continuer à améliorer, même si le zéro émission est impossible pour ce type de moteur.
La mobilité et les transports augmentent, leurs effets négatifs aussi ; or, l'UE est engagée par les objectifs climatiques souscrits au titre de l'Accord de Paris et par les objectifs universels du développement durable. « Nous devons les tenir. Il nous faut une vision et une approche holistique des transports verts. En combinant la bonne dose de politiques et d'incitants fiscaux, nous pouvons améliorer la qualité de l'air, réduire les nuisances sonores, rendre nos villes durables et stimuler l'innovation dans les technologies et services de mobilité », a déclaré le commissaire à l'Environnement, Karmenu Vella, résumant l'enjeu du débat.
À la conférence de Paris sur le climat, les pays sont convenus de réduire les émissions de CO2 dans tous les secteurs pour respecter l'objectif de 2 degrés Celsius et tendre vers 1,5° pour le réchauffement mondial moyen. C'est un défi majeur pour le secteur des transports qui contribue, pour l'heure, à un quart environ des émissions de CO2 dans l'UE et qui doit les réduire de 60% à l'horizon 2050, comme l'ambitionne la Commission dans son Livre blanc sur les transports. Tous les ministres en sont conscients et ont souligné la nécessité de progrès rapides de la part du transport routier, dans l'intérêt de l'environnement et de la santé publique, « le transport routier faisant beaucoup plus de morts par la pollution que les accidents de voiture », a fait observer le commissaire Vella.
Un changement de paradigme. Pour lutter contre le changement climatique et parvenir à un transport sobre en émissions de carbone, les ministres ont également reconnu la nécessité d'un changement de paradigme, la nécessité de changer le mix de la mobilité, de mieux gérer et réduire le trafic routier ainsi que celle d'être efficace, de penser la mobilité en utilisant les technologies de véhicules intelligents et automatisés.
« Nous avons besoin d'une bonne législation », a précisé Carole Dieschourg, ministre luxembourgeoise de l'Environnement, en marge de la session. À EUROPE, elle a indiqué que son pays opérait aussi « un shift dans l'investissement en faveur de la mobilité douce et des transports publics. La réforme fiscale doit servir d'incitant pour des véhicules avec zéro émission. Il faut le bon incitant, aux plans national et européen ».
Joignant le geste à la parole, les ministres des Transports ont adopté, à la mi-journée, la déclaration d'Amsterdam pour lever les obstacles à la circulation des véhicules autonomes sur les routes européennes et permettre leur accès au marché dès 2019 (voir autre nouvelle).
Karmenu Vella et le commissaire à l'Action pour le climat, Miguel Arias Cañete ont confirmé aux ministres que la Commission présentera d'ici à l'été la stratégie de décarbonisation des transports qu'elle prépare, en réponse à la demande que lui a faite le Conseil européen d'octobre 2014 d'examiner les instruments et les mesures permettant de promouvoir la réduction des émissions et l'efficacité énergétique dans les transports, tant pour le transport électrique que les sources d'énergie renouvelables dans les transports après 2020. La date du 29 juin est celle qui est actuellement envisagée pour l'adoption de cette stratégie. (Aminata Niang)