Bruxelles, 14/04/2016 (Agence Europe) - Les députés européens ont dénoncé, jeudi 14 avril, le recul en matière de respect de la démocratie et de l'État de droit en Turquie.
Dans la résolution sur le 'Rapport sur la Turquie 2015' de Kati Piri (S&D, néerlandaise), qu'ils ont adoptée par 375 voix pour, 133 contre et 87 abstentions, les députés se disent « vivement préoccupés (….) par le ralentissement considérable du rythme global des réformes en Turquie ces dernières années et par la régression observée dans certains domaines essentiels ». Ils citent l'indépendance du pouvoir judiciaire, la liberté de réunion, la liberté d'expression et le respect des droits de l'homme et de l'État de droit. Les députés souhaitent aussi que la Turquie fasse de la lutte contre la corruption une priorité.
« Il convient de mener d'urgence en Turquie des réformes au sein de l'appareil judiciaire, dans les domaines des droits fondamentaux et de la justice ainsi que de la liberté et de la sécurité », estime le Parlement. Il demande une nouvelle fois au Conseil, « sans préjudice des positions des États membres et une fois les critères officiels d'ouverture satisfaits », d'ouvrir les chapitres 23 (appareil judiciaire et droits fondamentaux) et 24 (justice, liberté et sécurité) de négociations d'adhésion.
Par ailleurs, selon les députés, le processus de négociation et la coopération entre l'UE et la Turquie en matière de migration ne devraient pas être liés. « La coopération UE-Turquie en matière de migration ne devrait pas être liée au calendrier, au contenu et aux conditions du processus de négociation », expliquent-ils. La Turquie a obtenu l'ouverture d'un nouveau chapitre de négociation en échange de l'aide à l'UE à faire face à la crise migratoire. Et s'il est « essentiel de coopérer avec la Turquie afin de gérer la crise des réfugiés » ; pour le PE, laisser Ankara gérer la crise « n'est pas une solution crédible à long terme ».
Les députés soutiennent aussi « fermement un dialogue politique structuré de haut niveau, plus fréquent et plus ouvert sur des questions clés d'intérêt commun », telles que la migration, la lutte contre le terrorisme, l'énergie, l'économie et le commerce. Ils sont favorables à une modernisation de l'union douanière et un élargissement de son champ à de nouveaux secteurs, notamment les produits agricoles, les services et les marchés publics.
Les députés réclament également un cessez-le-feu « immédiat » dans le sud-est de la Turquie et la reprise du processus de paix en vue de parvenir à une solution négociée du problème kurde.
Le Parlement salue aussi les « avancées considérables » réalisées dans les négociations sur la réunification de Chypre. (Camille-Cerise Gessant)