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Bulletin Quotidien Europe N° 11448
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) jai

Relocalisation de migrants, les Vingt-huit devraient à nouveau faire le constat de leur échec

Bruxelles, 08/12/2015 (Agence Europe) - Les leaders européens, qui se réunissent les 17 et 18 décembre, devraient à nouveau souligner l'urgence de remédier rapidement aux dysfonctionnements apparus dans la mise en place des centres ('hotspots') d'identification et d'enregistrement des migrants arrivés en Grèce et en Italie au cours des derniers mois et auxquels est conditionné le processus de relocalisation décidé pour 160 000 réfugiés sur deux ans.

Selon un projet de conclusions daté du lundi 7 décembre dont EUROPE a eu copie, les Vingt-huit devraient tenter de fixer un nouveau calendrier pour que des 'hotspots' supplémentaires deviennent opérationnels, consacrant ainsi l'échec du premier ultimatum qu'ils s'étaient eux-mêmes fixés fin septembre. Lors d'une réunion extraordinaire, les leaders européens avaient en effet décidé que tous les 'hotspots' seraient opérationnels avant la fin novembre (EUROPE 11395). Or, sur les 11 centres prévus, seuls deux sont pleinement opérationnels à l'heure actuelle, en l'occurrence à Lampedusa et à Lesbos (EUROPE 11442).

Selon ce projet de conclusions, les leaders pourraient aussi réitérer leur appel à prendre des « mesures » pour décourager les migrants qui refuseraient de se faire enregistrer, un problème qui est identifié comme l'une des raisons de la lenteur des relocalisations. Ils pourraient aussi en parallèle affirmer que les décisions de relocalisation prises en septembre doivent être exécutées plus rapidement alors qu'à peine 160 personnes ont été à ce jour relocalisées depuis la Grèce et l'Italie.

Les décisions de relocalisation pourraient également être étendues à d'autres pays membres. À ce jour, seule la Suède a demandé à bénéficier de ce mécanisme mais sa demande n'a pas encore reçu l'aval des autres États membres. Vendredi 4 décembre, lors du Conseil Affaires intérieures, la Belgique et la Hongrie ont fait savoir qu'elles n'étaient pas très favorables à une extension de ce mécanisme à d'autres pays, jugeant que cette ouverture pourrait nuire directement au principe même de la relocalisation (EUROPE 11446).

Mêler réinstallation et relocalisation ?

Plusieurs inconnues existent quant à l'intention réelle des dirigeants européens. Si le projet de conclusions stipule que ceux-ci souhaitent accélérer les décisions de relocalisation, le ministre de l'Asile et de la Migration du Luxembourg, Jean Asselborn, a expliqué, lundi 7 décembre dans un entretien au Süddeutsche Zeitung, que 50 000 personnes pourraient être réinstallées depuis la Turquie sur le sol européen et être déduites du total de 160 000 personnes appliqué à la relocalisation.

La réinstallation de réfugiés syriens depuis la Turquie fait partie du plan d'action commun décidé entre l'UE et Ankara en octobre et finalisé le 29 novembre lors du Sommet UE/Turquie (EUROPE 11441). Une réunion informelle de pays intéressés par le mécanisme de réinstallation depuis la Turquie s'était déroulée le même jour à l'initiative de l'Allemagne mais l'idée est de proposer un mécanisme purement volontaire. Les décisions de relocalisation ont, elles, un caractère contraignant et la Commission européenne a souligné, mardi 8 décembre, que les deux dispositifs étaient à ses yeux deux choses différentes. (Solenn Paulic)

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