Bruxelles, 08/12/2015 (Agence Europe) - Le rapport 2015 de l'observatoire européen des marchés des produits de la pêche et de l'aquaculture (EUMOFA), publié mardi 8 décembre, montre que les consommateurs de l'UE achètent moins de produits de la mer, mais dépensent plus pour cela.
L'UE a confirmé l'importance de son marché de consommation de produits de la mer, avec des dépenses des ménages équivalentes à 54,7 milliards d'euros en 2013. Cela représente une augmentation de 1% par rapport à 2012 et le plus haut niveau enregistré jusqu'alors. La consommation par habitant s'est élevée en 2012 à 23,9 kg, soit une diminution de 3% par rapport à 2011. Cette tendance à la baisse a débuté dès 2008, année durant laquelle la consommation de poisson par habitant était équivalente à 26 kg. Les consommateurs de l'UE ont acheté moins de produits de la mer mais ont dépensé davantage, « ce qui reflète une évolution des préférences de consommation et des prix du poisson », signale l'EUMOFA. L'observatoire note surtout une hausse de la consommation de saumon et de hareng et une stabilisation s'agissant du pangasius.
La demande pour les produits de l'aquaculture biologique a augmenté rapidement au cours des dernières années et a été comblée principalement par l'importation en provenance de pays extra-UE. Les plus gros marchés sont en Allemagne, France, au Royaume-Uni et en Italie.
Le commerce UE en tête. Le commerce de l'UE en produits de la pêche et de l'aquaculture -comprenant les importations et exportations extra-UE ainsi que les échanges intra-UE - est le plus important au monde en valeur. En 2014, les flux commerciaux ont atteint 45,9 milliards d'euros et 13,8 millions de tonnes.
Importations: la Norvège et la Chine devant. La valeur des importations extra-UE a augmenté depuis 2009 à un taux annuel moyen de 6%. En 2014, l'UE a importé des produits de la mer pour une valeur de 21 milliards d'euros. Les importations extra-UE de produits de la mer sont plus de 4 fois supérieures à celles de la viande en valeur, ce ratio étant en augmentation. La Norvège et la Chine restent les premiers fournisseurs de l'UE. Les importations en provenance de Norvège, qui couvrent près d'un quart du total, ont atteint un maximum en 2014 (surtout le saumon frais). Les exportations norvégiennes vers l'UE ont progressé de 70% depuis 2009. La Chine confirme sa place de leader dans la transformation de poissons blancs.
En 2014, les exportations de l'UE ont atteint 4,3 milliards d'euros, soit 30% de plus que la moyenne 2006-2014. Les volumes ont également été les plus élevés depuis 2006, atteignant plus de 2 millions de tonnes pour la première fois.
Les débarquements ont augmenté de 7% en volume en 2013 dans l'UE (surtout grâce au lançon, au thon et à la sardine). Mais la valeur des débarquements est en légère baisse en 2013.
L'UE est importatrice nette de produits de la mer, avec un déficit de la balance commerciale qui a augmenté rapidement depuis 2009. Le déficit commercial de 2014 a été le plus important jamais enregistré, avec 16,6 milliards d'euros. Cela est principalement lié à une augmentation des importations de crevettes (+630 millions d'euros entre 2013 et 2014).
L'autosuffisance de l'UE pour les produits de la mer (rapport entre production et consommation intérieure) s'est réduite de manière continue entre 2008 et 2011. Néanmoins, entre 2011 et 2012, elle est passée de 44% à 44,5%. Les poissons plats affichent les baisses les plus importantes, de 97% à 77%, en raison d'une baisse des débarquements et d'une hausse des produits congelés chinois.
Les prix au détail des produits de la mer ont progressé régulièrement au cours des dernières années. Le thon en conserve est toujours le produit le plus important en termes de consommation en 2012, avec 2 kg par habitant. Cela représente une baisse de 6% par rapport à 2011 et reflète le déclin des importations de thon en conserve dans plusieurs pays de l'UE, principalement l'Espagne et l'Italie. (Lionel Changeur)